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  • 21.09.2017
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Au fond, l'économie !

Chaque semaine vit à l’heure des chiffres et des précisions. Chaque semaine voit son lot de conjectures et d’analyses, comme si l’économie n’en finissait pas de se projeter dans l’avenir. Est-ce à dire que le présent n’intéresse plus suffisamment pour sans cesse entrevoir le lendemain et imaginer l’après ? Un bloggeur financier américain chuchotait même dans l’un de ses posts : « Ne consultez plus votre voyante, demandez à l’économie de vous dire ce que vous allez devenir. »

Cette semaine, c’est l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui affinait ses prévisions et saluait d’ailleurs l’élan « collectif » de la zone euro. Ainsi l’OCDE table sur une croissance de 2,1% de la zone euro pour 2017, alors qu’elle n’envisageait que 1,8% il y a encore quelques semaines. Un marché de l’emploi plus dynamique et un taux de chômage tombé à 9,3% en juillet, son niveau le plus bas depuis huit ans. Des chiffres encourageants, mais on ne comprendrait pas toute l’économie sans lire cet article du Quotidien Le Monde signé Philippe Escande consacré au Fonds Norvégien et qui replace les secousses du monde financier depuis cette poche souterraine. Car finalement qu’apprend-on ? « Ceci est l’histoire de la plus rentable des entreprises du monde. Ce n’est pas Apple, mais une société financière de 550 personnes dont la valeur atteint désormais les 1000 milliards de dollars, l’équivalent du produit intérieur brut du Mexique ». Cette structure n’est pas à proprement parler une entreprise, mais bel et bien une structure détenue par la banque centrale de Norvège, « on l’appelle parfois « fonds de pension norvégien » ou encore fonds souverain ». Ce que précise utilement l’article, c’est la puissance et l’influence de cette structure financière hors du commun. « Le fonds détient à lui seul 1,3% de toutes les actions cotées dans le monde. » Et le journaliste de poursuivre : « cette masse considérable d’argent est le principal carburant de l’économie mondiale. » Plus de 9000 entreprises dans le monde sont concernées par les investissements de ce fonds, c’est dire si son rôle est crucial au cœur du capitalisme. Avec le risque toutefois de diriger le destin des sociétés les plus en vue, mais aussi de voir ses actifs chuter en cas de crise. « C’est le nouveau visage du capitalisme mondial, conclut le journaliste. Puissant, influent et fragile à la fois. » L’économie au fond… Dans sa vérité et ses tropismes, dans ses fondations et ses doutes, l’économie presque souterraine mais parfaitement légale, parfois même éthique, moins visible que d’autres agissements, mais bien plus forte dans ses mouvements.   

Christian Moguérou

Sources : Challenges, Harvard Business Review, Financial Times, Le Monde, Les Echos…

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