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  • 31.05.2018
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Déplacements de produits

Une fin de printemps orageuse, des éclairs qui déchirent le ciel en toutes régions, la France s’avance vers l’été dans une ambiance électrique. Les dossiers chauds sont légion, le rythme des réformes ne ralentit pas, ce qui fait dire à quelques commentateurs que le réchauffement économique ne va pas sans quelques risques naturels.

Un sondage publié par le Figaro Economie ce jeudi rappelle aux gouvernants que les Français demeurent pragmatiques. En effet, pour 50% des personnes interrogées, la rémunération est la première source de motivation au travail. Une tendance plus importante chez les hommes (56%) que chez les femmes (44%). L'incontournable équilibre « vie-pro / vie-perso » est le deuxième argument de motivation.

Tout travail mérite salaire, dit l'adage. Et plus ce salaire est élevé, plus les salariés français sont motivés ! C'est le principal enseignement qui ressort de l'étude «Workforce View in Europe 2018» réalisée par ADP (Automatic Data Processing). Un bon salaire comme condition de l’épanouissement au travail, voilà qui n’étonnera personne. Reste à savoir ce que feront les Français de cet argent. Comment le dépenseront-t-ils ? Comment le placeront-t-ils ? Et c’est une première surprise qui est venue prendre à rebours tous les mauvais présages entonnés par les spécialistes financiers depuis plus d’un an. Le Figaro Economie nous annonçait le week-end dernier « le retour en grâce de l’assurance-vie ». En avril, la collecte nette, c’est-à-dire les dépôts d’argent moins les retraits, a atteint les 2 milliards d’euros. « Depuis le début de l’année, ajoute le quotidien, les ménages ont déjà déposé 7,5 milliards d’euros (collecte nette) sur leurs contrats, soit autant que sur l’ensemble de l’année 2017 ! L’encours de ce placement frôle ainsi les 1700 milliards d’euros (1697 milliards)

Or, que constate-t-on depuis un an ? Les épargnants placent de plus en plus d’argent sur des contrats en unités de compte (actions), certes plus risqués, maos potentiellement plus rémunérateurs que les traditionnels fonds en euros. « Ils investissent 1 milliard d’euros par mois dans les actions depuis le début de l’année », se félicite Bernard Spitz, le président de la Fédération française de l’assurance (FFA). Il faut dire que la question du renouvellement de leur stratégie de placement est au cœur du débat qui agite les épargnants. Les ménages qui ont investi massivement dans la pierre l’année dernière souhaitent dorénavant reconstituer leur épargne.

Il faut dire que 83% des Français pensent manquer d’argent à la retraite. Alors oui, l’immobilier d’abord pour s’assurer d’un toit, et un complément de revenu dans un second temps. C’est un peu la stratégie à double détente que l’on observe ces derniers mois. Ils s’intéressent de près à l’épargne salariale, réenvisagent la bourse, ils sont mobiles, actifs et savent diversifier leurs investissements. Les voilà devenus champions du placement de produits. Il faudra donc le comprendre, réinventer l’épargne, être créatif, pour mieux les accompagner.    Christian Moguérou