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  • 19.01.2017
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Un grand cru bancaire

Christian Moguérou

Voilà que certains analystes et économistes patentés en viennent à faire de 2017 une grande année de vendanges bancaires. La comparaison avec l’univers du vin peut paraître présomptueuse, mais il faut y voir surtout une manière d’insister sur les grands enjeux que devront affronter les banques françaises et étrangères cette année. Une année que certains jugent déjà passionnante, une année à suspense, une année à risques, une année dense, intense et pour le moins intrigante. Si les places financières portent un regard plus qu’attentif sur les négociations âpres qui vont débuter entre l’Europe et la Grande-Bretagne, C’est Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs, qui vient ajuster son analyse dans le Figaro Economie, sur l’année qui vient : « Je ne m’attends pas à de rapides délocalisations des banques basées à Londres. Londres va rester une place financière mondiale en particulier pour le marché des changes. En outre, il n’y a pas d’alternative évidente entre Paris, Francfort et Dublin pour ces banques qui ont déjà des bureaux européens. Tout va dépendre des négociations entre les Britanniques et les Européens et des activités qu’elles mènent ». Pourtant, le secteur bancaire bouge déjà. HSBC vient d’annoncer le déplacement de 1000 emplois de Londres à Paris, des emplois qui concernent les activités de banque d’investissements sur les marchés mondiaux. La question est alors de savoir si la prise de position de HSBC aura un effet d’entraînement pour la Place de Paris ? Pour la directrice générale de la Fédération Bancaire  Française, Marie-Anne Barbat-Layani, « il y aura un effet d’entraînement, les banques étrangères anticipent, elles regardent où elles pourraient déplacer des équipes. Elles sont nombreuses actuellement à faire la tournée des popotes », déclarait-elle au quotidien Les Echos. Le vrai changement qui se profile serait l’hypothèse d’une spécialisation à terme de chaque place financière, puisqu’aucune capitale ne peut prétendre devenir un hub financier comparable à la City. Voilà qui promet une année riche et passionnante, alors qu’en France, c’est l’entrée en vigueur de la Loi Macron qui agite le monde bancaire. Un véritable big bang selon la presse financière, puisqu’à partir du 6 février, la loi Macron va faciliter le transfert de compte d’une banque à une autre. Une mobilité qui pose la question d’une ubérisation possible donc d’un secteur qui pourrait agir au détriment de banques traditionnelles. Voilà donc encore un dossier chargé, sans compter celui de l’obligation des banques de réinventer la vision de la gestion de l’épargne et des placements des Français. L’assurance-vie rapporte de moins en moins d’année en année et ce sont les jeunes actifs qui s’en détournent le plus nettement. La génération « Now » aspire à renouveler leur relation avec les banques. Et si les salariés de la Deutsche Bank n’ont désormais plus le droit d’envoyer des SMS dans le cadre de leur vie professionnelle, la génération 3.0 exige des banques de repenser leur relation client. On vous avait prévenu, nous ne sommes pas prêts de nous ennuyer en 2017.     

Christian Moguérou

Sources : Le Figaro Economie, Harvard Business Review, Financial Times, Le Monde, Les Echos…

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