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Les placements se déplacent

Pas une semaine sans que ne soit évoquée la situation boursière. Pas de tempête en vue, mais les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis perturbent les marchés.

 

Ce qui fait dire aux spécialistes qu’il vaut mieux attendre juillet pour se renforcer. C’est d’autant plus vrai pour les places européennes : la zone euro est en effet plus tributaire que les Etats-Unis du commerce mondial.

 

Dans une interview accordée au Point, Serge Pizem, responsable mondial de la gestion multiclasse d’actifs chez Axa glisse quelques pistes pour les semaines à venir « il faut miser, en actions, sur les belles valeurs de croissance. Comme le rappelle Warren Buffet, il ne faut pas focaliser sur la macroéconomie et le court terme, mais privilégier de belles histoires d’entreprises dégageant des marges élevées, disposant de marques reconnues ».

 

C’est que le climat des placements a changé et certains investisseurs ont déplacé leur centre d’intérêt vers de nouveaux produits car ils veulent aujourd’hui donner du sens à leur épargne. L’hebdomadaire Le Point rapportait dans ses colonnes ce chiffre éloquent : « 63% des Français estiment que l’investissement responsable renforce leur confiance dans la gestion de leur épargne ».

 

Un banquier privé témoignait même que pour la première fois, son client l’avait interrogé sur la finalité des produits qu’il lui proposait avant de s’enquérir de la performance à en attendre.

 

Une petite révolution en marche d’autant qu’une nouvelle clientèle, plus jeune et qui a fait fortune en vendant leur entreprise cinq à dix ans après l’avoir créée, veut redonner à la société un peu de qu’elle a reçu. Cette nouvelle génération le fait alors dans la philanthropie, mais aussi dans ses investissements en soutenant des causes justes, comme la sauvegarde de la planète, la lutte contre le réchauffement climatique, l’aide aux défavorisés.

 

D’où la multiplication des investissements et des produits se revendiquant comme responsables ou durables comme les fonds ISR. La Commission européenne a d’ailleurs créé un référentiel des actifs considérés comme verts, défini de nouveaux indices bas carbone et créé un standard européen pour les « green bonds ».

Un contexte économique plus ouvert, plus éco-écologique.

 

En France, on pouvait lire cette semaine que les créations d’emplois sont restées vigoureuses au premier trimestre. Selon les derniers chiffres de l’Insee, 93.800 postes ont été créés entre janvier et mars. Il s’agit d’un plus haut depuis le quatrième trimestre 2017. Ce nombre, en hausse de 0,4%, marque une accélération par rapport au dernier trimestre de l’année 2018 où l’Insee avait comptabilisé 69.800 créations de postes (+0,3%). C’est dans le privé que l’emploi salarié augmente le plus nettement (+92.800 après +67.900) tandis qu’il reste quasi-stable dans la fonction publique (+1000 après +2000). Sur un an, l’emploi salarié affiche une progression de 218.600 postes (+0,9%) dont 225.400 créations dans le privé et 6800 destructions dans la fonction publique.

 

Mercredi matin, sur CNews, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a salué une «bonne nouvelle» et souligné le dynamisme de l’économie française qui d’après lui a créé 740.000 emplois sur la période 2016-2018. Sur les trois premiers mois de l’année 2019, les créations d’emplois ont été tirées vers le haut par l’industrie, avec 7500 postes en plus, mais surtout par la construction. Voilà de quoi encourager les nouveaux investisseurs à s’engager davantage dans l’économie pour que les bons chiffres récents deviennent eux-aussi durables.

 

Christian Moguérou

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