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  • 11.04.2019
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Pendant ce temps-là !

Il faut l’avouer, le BREXIT occupe tous les esprits et demeure le principal sujet de préoccupation des citoyens britanniques. Depuis que les négociations ont débuté, l’avenir du Royaume-Uni reste pendu à la perspective d’un accord, le moral des consommateurs britanniques variant au gré d’un possible accord ou d’un non moins improbable « no deal ».

Alors que Teresa May opère un véritable tour d’Europe en vue d’obtenir un nouveau délai, les Vingt-Sept, réunis mercredi à Bruxelles, ont fixé au 31 octobre la nouvelle date de sortie du Royaume-Uni.

 

Emmanuel Macron voulait un délai court. Il n’est pas parvenu à l’imposer. Mais il a toutefois obtenu des garanties visant à protéger le fonctionnement des institutions. Le Brexit, encore le Brexit, toujours le Brexit.

 

Mais pendant ce temps-là, les analystes se penchent sur d’autres réalités économiques et tentent de comprendre les tendances de fond qui régissent l’activité internationale. Et que découvre-t-on dans les colonnes du Magazine Forbes ? Que, grâce à La Réserve Fédérale qui a maintenu les taux d’intérêts stables pour le reste de l’année et peut-être même tout au long de l’année 2020, « les pays d’Amérique latine offrent un terrain propice de croissance pour les investisseurs des marchés émergents. » Et les journalistes de Forbes d’aller plus loin : « Avec une progression de 6%, même le PIB du Venezuela progressera l’an prochain. Pour les pays qui présentent des marchés boursiers plus matures comme le Brésil, le PIB croît de 2,2% à 2,6%. La Colombie passe de 3,5% à 4%. L’Argentine sort de récession avec une croissance de 2.2% pour l’année prochaine, ce qui équivaut à un essor économique considérable si les prévisions s’annoncent justes. Même le Mexique est en pleine croissance, en dépit d’un ralentissement général de son marché principal, le PIB mexicain des États-Unis devrait passer de 1,8 % cette année à 2 % en 2020. En somme, le PIB de l’Amérique latine s’améliore en 2020 grâce au Mexique, Brésil, à la Colombie et l’Argentine, augmentant de 2,6% au lieu des 2% prévus cette année.

 

Ces chiffres sont d’autant plus prometteurs que les taux de croissance du bloc Asie-Pacifique stagnent à 5,3% ». D’autres sociétés d’investissement le reconnaissent également. « Notre exposition reste limitée sur les marchés émergents, mais le Brésil nous apparaît comme une opportunité, » déclare Bozidar Jovanovic, premier vice-président et stratégiste de portefeuille pour Bank Leumi à New York.

L’Amérique latine semble donc attrayante notamment parce qu’elle revient de loin. Toutes ses grandes économies étaient en crise il y a un an, le sont toujours ou sortent d’une récession. Seul le Mexique est resté stable, grâce à son principal partenaire commercial au nord du Rio Grande.

 

Seulement voilà, ce détour vers l’hémisphère sud reste provisoire. Le Brexit revient vite dans les débats qui pointent qu’un non-accord profiterait à la Chine et aux Etats-Unis. C’est ce que tente de détailler le quotidien Le Figaro : « L'Union européenne et certains autres partenaires commerciaux du Royaume-Uni, dont la Turquie, y perdraient gros, a indiqué l'ONU dans un rapport mardi. Un divorce brutal entre Londres et l'Union européenne « affecterait de manière significative les conditions d'accès au marché britannique des pays en voie de développement comme des pays développés », estime la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) dans cette étude.

Le marché britannique représente environ 3,5% du commerce mondial et le Royaume-Uni a importé l'an dernier quelque 680 milliards de dollars (604 milliards d'euros) de marchandises en provenance du reste du monde, selon le document. Plus de la moitié de ces exportations proviennent des pays européens, qui risquent ainsi, en cas de « no deal », de perdre près de 35 milliards de dollars, selon le rapport ».

 

C’est que Le Royaume-Uni est un important partenaire commercial pour de nombreux pays émergents, dont les exportations ont bénéficié jusqu'à présent de conditions très favorables d'accès au marché britannique, grâce notamment aux régimes préférentiels de l'UE, relève la Cnuced.

Dans le scénario du « no deal » - donc sans période de transition pour négocier d'éventuels accords bilatéraux -, la Turquie serait deuxième derrière l'UE sur la liste des perdants, avec des exportations vers le Royaume-Uni amputées de 2,4 milliards de dollars. Suivraient la Corée du Sud, la Norvège, l'Islande, le Cambodge et la Suisse, selon le rapport.

 

Enfin, alors que loi PACTE est présentée à l’assemblée ce jeudi, c’est Culture Banque qui nous glisse cette information dans sa dernière livraison : « Bruno Lemaire, ministre des Finances, a annoncé le 28 mars sa volonté de créer un nouveau produit d’épargne afin de financer les ETI (entreprise de taille intermédiaire) et les PME (petite et moyenne entreprise) françaises. L’objectif de ce projet est d’encourager les ménages à investir dans les PME françaises, pour participer à leur développement ». Et d’ajouter : « Ce que l’on sait à date : Pour cet investissement, pas de rendement garanti. Les entreprises seraient sélectionnées par la BPI, la banque publique d’investissement, un organisme d’État qui finance et accompagne les entreprises françaises. C’est d’ailleurs Nicolas DUFROUCQ le directeur de BPIFRANCE qui planche sur le projet. 

Ce placement pourrait être intégré dans un PEA (revenus exonérés d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention), un plan d’épargne en action ou un contrat d‘assurance vie. Il ne serait pas soumis à l’impôt, mais aux prélèvements sociaux.

 

On vous l’avait dit, pendant ce temps-là, le monde n’en finit pas de bouger.

 

Christian Moguérou

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