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Dominique Lefebvre : « Mobilisons-nous pour nos aînés »

La crise sanitaire a démontré le prix que notre société accorde à la vie de ses aînés et des plus fragiles. Mais on aurait bien tort de circonscrire le sujet à la santé : les enjeux sont beaucoup plus vastes et portent sur l’inclusion de toutes et tous. Dans une société en mouvement telle que la nôtre, nos anciens sont plus utiles que jamais, car ils constituent d’irremplaçables facteurs d’unification sociale, de transmission, de liens entre les générations. Des nouveaux nés aux plus âgés, une société équilibrée a besoin de tous, besoin que les différents âges de la vie entretiennent des liens mutuels féconds.

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La cohésion sociale mobilise beaucoup d’énergie et de moyens. Mais on n’accorde pas assez d’attention et d’importance à une autre cohésion, celle entre générations qui est pourtant tout aussi importante, voire plus. Encore faut-il, pour que cette cohésion générationnelle fonctionne, que l’on donne aux plus âgés les moyens de tenir dans les meilleures conditions toute la place qui doit leur revenir, ce qui passe nécessairement par leur accompagnement dans l’utilisation des ressources du numérique.

C’est bien ce que montre le premier bilan qui peut être dressé du fonds de 21,3 millions d’euros lancé par notre entreprise en avril 2020 pour répondre à la nécessité d’assurer la protection des personnes âgées face à la crise du Covid en EHPAD et dans les réseaux d’aide à domicile. Destiné à faire face aux urgences et en particulier à l’isolement provoqué par les mesures de confinement, ce dispositif a permis des interventions massives. Au total, plus de 810 000 personnes âgées ou soignants ont bénéficié d’aides multiples : des équipements de première nécessité, comme des masques, du gel ou des tests de dépistage ; mais aussi des outils et surtout des accompagnements dans le domaine du numérique, avec la distribution de plus de 10 000 tablettes, d’équipements wifi, de matériels de visio-conférence ou de stimulation cognitive…

Les mesures de confinement ont montré les ravages que peut provoquer l’isolement sur la santé physique et mentale de personnes âgées. Les protéger, ce n’est donc pas seulement veiller à les mettre à l’abri d’un virus mais aussi leur donner les moyens de rester connectés à la société et de faire bénéficier les jeunes générations de tout ce que les aînés peuvent leur apporter en termes de valeurs, d’expérience, de vision de l’existence et, disons le mot même s’il apparaît un peu désuet, de sagesse.

Cet enjeu est d’autant plus essentiel que 27% de la population française est aujourd’hui âgée de plus de 60 ans et qu’une étude de l’association Les Petits Frères des Pauvres montre que 720 000 personnes âgées n’ont eu aucun contact avec leur famille durant le confinement. Dans ce cadre, on ne peut donc pas faire l’économie d’une utilisation optimisée des potentiels du numérique et de ce qu’il permet en nouvelle manière de communiquer, d’échanger, de rester relié au monde, à travers un univers qui est celui naturel et quotidien des plus jeunes. C’est là que les générations se rencontreront.

Encore faut-il que nos aînés disposent des indispensables outils et plus encore les connaissent et les maîtrisent. Nul doute que cette catégorie d’âge est particulièrement frappée par la fracture numérique et par ce que l’on appelle l’illectronisme, qui est à l’ère digitale l’équivalent de l’illettrisme pour l’écrit, ce handicap constituant une incontestable source d’exclusion sociale et de déperdition de cohésion entre générations. On estime que pas moins de quatre millions de personnes âgées de plus de 60 ans n’utilisent jamais Internet…

Trois priorités peuvent être identifiées pour y remédier : l’équipement en matériel, la mobilisation des innovations adaptées à cette génération et l’accompagnement de celle-ci dans l’usage des outils. Alors que la crise sanitaire a sensibilisé les esprits, que les réflexions avancent sur les réformes qui doivent concerner le grand âge et que le Ségur de la santé a prévu d’importants crédits pour le développement numérique, le moment est particulièrement propice pour agir.

Agir, et agir efficacement. Le fonds « Tous mobilisés pour nos aînés » a, un an après son lancement, fait la preuve que c’est possible et fécond. Notre Groupe et toutes ses équipes en sont fiers et ils sont prêts à poursuivre en ce sens. La mobilisation de nos entreprises, de nos collaborateurs, de nos élus, a été exemplaire et admirable pour contribuer à valoriser le lien social dans l’accompagnement du grand âge. Dans la droite ligne de notre raison d’être qui consiste à « agir chaque jour dans l’intérêt de nos clients et de la société » et forts de notre statut mutualiste, nous sommes plus que d’autres pleinement légitimes pour contribuer à réduire la fracture numérique et aider nos aînés à se saisir au mieux des potentialités du digital. Pour leur bien mais aussi pour le bien de l’ensemble des générations et de la société, qui est justement au cœur du projet mutualiste qui nous anime.

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