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Philippe Brassac : "Comment favoriser l'insertion professionnelle des jeunes ?"

La crise Covid a eu au moins cet avantage de faire naître une réelle attention à ce que chacun ait une place dans la société. Les jeunes plus particulièrement doivent être soutenus dans cette étape de transition délicate qu'est l'insertion professionnelle.

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Les entreprises peuvent largement y contribuer dès lors qu'elles en ont la volonté. Au Crédit Agricole, nous avons délibérément choisi, parque que c'est notre raison d'être, de mettre nos capacités au service de cette cause avec une conviction qu'il faut aider tous les jeunes y compris ceux qui partent avec moins de chances. C'est ainsi que nous accueillons chaque année des élèves de zones REP+ pour leur stage de 3ème, pour casser cette idée qu'un plafond de verre les exclurait d'emblée du monde des grandes entreprises. Au-delà de cette démarche symbolique mais concrète, notre action se concentre sur 4 objectifs.

Premièrement nous devons dynamiser l'ensemble des territoires sur toutes les activités pour créer des opportunités professionnelles au plus proche des lieux de vie des jeunes. Les banques ont un rôle fondamental dans cette activité en accompagnant le développement de toutes les entreprises quelle que soit leur taille, dans la durée et sur l'ensemble du territoire.

Deuxièmement, nous devons créer les conditions matérielles et financières favorables à l'insertion des jeunes. Parce que le permis de conduire est souvent un permis de travailler, proposer des financements tels que le permis à 1€ facilite clairement l'insertion. Les solutions de sécurisation d'accès au logement telles que les cautions sont un réel plus quand on sait la difficulté des jeunes à trouver un logement à proximité de leur potentielle activité professionnelle. En tant qu'établissement bancaire nous devons apporter des offres adaptées tenant compte de la spécificité du contexte des jeunes qui pour beaucoup ne disposent pas encore de revenus financiers réguliers mais font déjà face à des besoins de financement pour investir dans leur formation et leur début d'activité.

Troisièmement, nous pouvons faciliter l'indispensable mise en relation entre l'offre et la demande d'emplois. On observe en effet que, paradoxalement, beaucoup de chefs d'entreprise déclarent éprouver des difficultés de recrutement alors même que des jeunes à proximité et aptes à exercer les métiers ne disposent pas de cette information. Des initiatives fortes ont été lancées par le gouvernement à travers la plate-forme 1 Jeune 1 Solution ou encore par le Crédit Agricole à travers la plate-forme Youzful. L'ambition de ces approches est de permettre la rencontre entre des besoins et des demandes en proximité.

Enfin, l'exigence professionnelle demandée aujourd'hui va au-delà du savoir-faire enseigné dans les instituts de formation. Parce qu'un réel savoir-être est attendu, nous soutenons les démarches d'intégration par le sport, vecteur d'apprentissage du dépassement de soi et du fonctionnement collectif.

Au-delà de ces illustrations beaucoup d'autres solutions pertinentes existent ou sont à créer par les entreprises en cohérence avec leur activité et leurs propres capacités. L'essentiel réside dans la conviction qu'il est non seulement utile mais responsable de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour favoriser l'insertion des jeunes. Il en va de l'intérêt de tous : une société dans laquelle chacun trouve sa place est une société apaisée.

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