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Philippe Brassac : Sauver la planète par une transition énergétique responsable

La responsabilité qui revient à tous et à chacun est d’agir à son niveau et avec ses moyens pour tenter de sauver la planète du chaos écologique. Cela passe par une transformation radicale du moteur économique mondial pour qu’il soit capable de créer de la croissance, indispensable à la création d’emplois, tout en consommant moins d’énergie, et que cette énergie soit de plus en plus décarbonée.

Sa réussite passe par une solidarité et une mobilisation de tous. À commencer par celle des banques, qui ont un rôle majeur à tenir, et les grands établissements français se sont déjà engagés en ce sens.

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Nos économies sont encore largement carbonées

La responsabilité, c’est aussi tenir compte de la nécessité de créer les conditions d’une transition. Aujourd’hui, nos sociétés, nos économies fonctionnent encore massivement grâce aux énergies fossiles. Pour faire évoluer cet état de fait, il nous faut du temps. Il faut du temps pour la transformation des transports, la rénovation thermique des logements, l’adaptation des chaînes alimentaires, etc... Toutes ces évolutions doivent adopter une trajectoire équilibrée, en accompagnant les populations les plus fragiles. Certaines technologies ne sont pas prêtes ou sont encore trop coûteuses. Dans de très nombreux pays, l’énergie électrique est encore très carbonée et plus de soixante pays investissent encore dans le développement du charbon. Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’irresponsabilité ou d’inconscience mais tout simplement d’absence d’alternative : ces pays ont besoin de fournir en électricité leur économie, de créer de l’emploi, et ils ne disposent pas des moyens budgétaires d’investir dans les énergies renouvelables. Si des décisions sont prises sans tenir compte des impacts sociaux, alors je crains que nous n’allions au-devant de difficultés de mise en œuvre importantes.

Il faut être réaliste et pragmatique. Nous avons besoin de solutions, de projets et de réalisations, pas d’incantations ou d’anathèmes. Si d’un coup le système financier cessait de financer brutalement les entreprises, l’économie serait paralysée, le monde serait plongé dans un chaos sans nom.

Nous avons décidé de financer massivement la transition énergétique et de nous focaliser sur l’accompagnement des clients dans cette transition. Mais il serait illusoire de tenter de faire croire que les banques peuvent tout. Le financement bancaire ne précède pas les projets, il les accompagne : le secteur financier est l’oxygène du changement, il n’est pas le changement. Ce sont les acteurs économiques, publics ou privés, qui doivent initier les investissements pour la lutte contre le réchauffement. Les banques françaises sont prêtes à financer beaucoup plus de projets verts. Il n’en existe pas aujourd’hui en France qui ne trouve pas son financement.

Une gouvernance mondiale du climat

Pour que nos actions gagnent en efficacité et en cohérence, elles doivent aussi s’inscrire dans le cadre de politiques nationales du climat, soumises à la transparence et au regard des citoyens, des ONG et des scientifiques. Ces politiques nationales offrent une légitimité politique et démocratique à la transition et à ses conséquences sociales.

Ces régulations nationales coordonnées sont les bases démocratiques d’une gouvernance mondiale du climat que j’appelle de mes vœux. Le climat n’a pas de frontière. C’est un défi de civilisation, un défi planétaire. Les engagements pris par les acteurs financiers seront toujours jugés hétérogènes et peu lisibles sans ce cadre d’ensemble précisant méthodologies, échéanciers de réductions d’émissions et de retrait des énergies fossiles, investissements en énergies renouvelables. Cette régulation mondiale est indispensable pour travailler dans un univers comparable, pour harmoniser les mesures et les calculs d’impact, mais aussi pour apaiser les tensions entre les parties prenantes.

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