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La crise sanitaire, accélérateur de la digitalisation des entreprises ?

Un tiers des salariés français (soit près de 10 millions) ont été mis au chômage partiel en France en avril dernier et, cela n’est plus une surprise, la crise économique que nous vivons amènera malheureusement une destruction d’emplois dans les mois à venir. Il n’en reste pas moins que certains métiers, comme ceux du digital, ont connu un regain d’activité pendant cette crise, laissant présager de belles perspectives d’emploi pour l’avenir.

Si de nombreuses offres d’emploi se bousculent actuellement dans les métiers qui sont en première ligne dans cette crise (infirmières, aides-soignants, livreurs, agents de sécurité, préparateurs de commandes, ouvriers agroalimentaires, chauffeurs routiers, …), ceux qui devraient tirer leur épingle du jeu dans les mois à venir sont issus du digital.

 

Le digital au secours du confinement

Ces deux mois de confinement ont mis de nombreux métiers à rude épreuve. Si le commerce physique a été rendu impossible du fait de la fermeture des magasins, d’autres services comme ceux de la santé ont dû s’adapter à cette période inédite.

 

L’essor de la télémédecine 

Le premier progrès immédiat provoqué par la crise du Covid dans le domaine de la santé a été l’annonce de l’Assurance-maladie de prendre en charge les consultations à distance. Grâce aux plateformes déjà existantes (DoctoLib, Ma Question Médicale, Hello Care, Livi) c’est devenu réalisable rapidement et facilement. Le résultat ne s’est pas fait attendre : nous sommes passés de 10 000 téléconsultations hebdomadaires début mars à près d'un million par semaine aujourd'hui !

Les médecins, mais surtout les patients, vont-ils continuer à utiliser ces services après la crise ? Certainement pas tous mais une majorité aura pu tester cette solution et on peut imaginer que la pratique des téléconsultations devienne une habitude.

 

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44 % des généralistes ont effectué une téléconsultation contre moins de 10 % avant la crise sanitaire.

 

  
La digitalisation du commerce de proximité

Le e-commerce, surtout alimentaire, et le drive ont bien résisté à la crise et pourraient même en sortir renforcés. Même s’il est vrai que, sur-sollicité pendant le confinement, le e-commerce a été pris en défaut sur sa logistique de livraison, il semble logique que l’on assiste à une accélération du commerce en ligne ces prochains mois, notamment dans certains secteurs où il n’est pas encore la norme. 

Cette expérience devrait soulever beaucoup de questions pour les petits commerçants : comment maintenir le contact avec mes clients en cas de crise ? Comment vendre mes produits et maintenir mon activité s’il n’y a pas de flux physique de client ? Et encore, comment aider les personnes vulnérables qui ont besoin d’assistance et de livraison à domicile si je n’ai pas de contact avec eux ?

La demande de création d’applications, de sites en ligne ou de stratégies digitales est en forte hausse. La tendance connue jusqu’à maintenant pourrait même s’inverser, à savoir que le e-commerce pourrait devenir la norme et le magasin un de ses relais.

Le digital nous a démontré ces dernières semaines qu’il est à la fois un média, un outil de distribution et un outil de communication relationnelle.

 

 

Le digital au cœur des banques pendant la crise

Du côté des banques, le digital a également joué un rôle majeur. Les téléchargements et l'utilisation des applications bancaires mobiles ont fait un bond - au même titre que l’utilisation des messageries sécurisées -, les paiements sans contact sont devenus la norme.

Les réseaux bancaires français ont alors rivalisé d’idées pour répondre aux demandes des clients. Développement de nouveaux outils, notamment pour accélérer le traitement des demandes de prêts garantis par l’Etat, mise en place de service d’E-retrait d’argent permettant à ceux qui n’ont pas de carte bancaire de retirer des espèces dans les distributeurs automatiques de billets… et pour le groupe Crédit Agricole, la conception de deux robots pour le traitement de ses pauses-crédit. Concrètement, un premier robot prend en charge une demande de report de crédit, qui est validée par un conseiller en agence puis proposée au client. Le deuxième robot réalise l’opération, faisant gagner 20 minutes par dossier.

 

 

Vers "une troisième phase de la révolution numérique" ?

Depuis mars dernier, nous assistons à une modification des comportements des utilisateurs. Digitalisation des événements - à l’aide de Webinars, conférences en ligne, live streaming sur les réseaux sociaux -, forte montée des volumes de connexion, nouveaux usages - tels que la croissance des achats en ligne chez les personnes âgées -, tous ces changements bouleversent les habitudes de consommation.

À long terme, l'automatisation et la robotisation (un robot n'attrape pas le Covid même s'il est vrai que d'autres virus peuvent s'infiltrer dans sa carte mère...) vont, à n'en pas douter, s'accélérer, et avec elles l'usage de l'IA (intelligence artificielle).

A court terme, le Covid ne devrait pas révolutionner les métiers et les compétences des experts actuels du digital, mais créer un appel d'air puissant en volume et une expansion, et une diffusion des compétences à tout niveau dans l'entreprise. Seule ombre au tableau, la cybercriminalité, qui profitera des failles des systèmes pour vivre sa propre expansion.

 

G.G

Sources : Etudes Economiques Crédit Agricole S. A, mbamci.com, Francebleu.fr, L’agefi.fr

 

  

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