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  • 13.01.2017
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2017, un millésime historique ?

La couleur de l'argent...

Il ne s’agit évidemment pas de dire que le dollar est vert ou toute autre forme de tautologie financière, mais en ce début d’année, il faudra bien parler d’argent. Déjà parce que son coût augmentera nécessairement, un peu, absolument ou pas du tout. Et puis, parce qu’il faudra surveiller de près les bouleversements géopolitiques, la grande crise de foi en notre capitalisme, ce qui fait dire à certains éditorialistes que ce millésime qui vient sera historique, les bloggeurs hésitent même avec hystérique. Nicolas Baverez compare déjà 2017 à 1989, dans l’hebdomadaire Le Point, c’est-à-dire l’année de la chute du Mur de Berlin et de la mise à mort de la Guerre froide : « l’Occident perd non seulement le monopole du capitalisme et de l’Histoire, mais aussi le sens des valeurs ». Pas moins ! Nous ne sommes plus dans la nuance, l’analyse fine, le traitement distancié de l’actualité, mais dans les affirmations, voire les démonstrations les plus folles. Même Michel Onfray y va de son ouvrage sobrement intitulé « Décadence », alors voilà que tout d’un coup le monde intellectuel s’affole, s’étripe, se commet presque.

L’année 2016 a vu les marchés terminer dans une euphorie boursière, notamment aux Etats-Unis, Wall Street battant tous les records, bravant toutes les menaces agitées par l’élection de Donald Trump. Les bourses mondiales ont ainsi repris le chemin de la hausse, la remontée des taux d’intérêt entraînant des réallocations massives entre les actifs financiers et les secteurs. Mais pour cette première chronique de l’année, peut-être serait-il utile d’écouter les économistes les moins prophètes mais les plus pragmatiques et modestes comme le Nobel français Jean Tirole. Son ouvrage, « L’économie du bien commun » (PUF) est un succès et ce que l’on peut y lire intéresse nécessairement les acteurs en présence. Voilà qu’il vient redessiner les contours d’un libéralisme moins dogmatique en affirmant : « Etre libéral, c’est responsabiliser les individus afin qu’ils n’adoptent pas les comportements néfastes pour la société.» Nous voilà alors dans une vision assez juste et modérée, assez éloignée de la vision cliché du «laissez-faire, laissez passer ».

Le monde ne change pas en un an, je veux dire en quelques jours. Les marchés sont toujours capables du pire, mais n’oublions pas qu’ils sont là pour générer de l’argent, des bénéfices et aussi de la croissance. Les premiers pas de Trump en 2017 seront déterminants, comme l’attitude encore prudente des banques centrales. Les entreprises seront attendues sur leur résultat dans un contexte de reprise économique mondiale.Tout reste fragile, mais nous assisterons sans doute à un divorce relativement consommé entre les concepts des politiques attachés à une vision millénaire du pouvoir et le bon sens capitaliste qui semble avoir acté que le devenir du mon de se fera sans eux.

2017, une bonne année…      

Christian Moguérou

Sources : Challenges, Harvard Business Review, Financial Times, Le Monde, Les Echos…