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Eco Tour 2018 : la France des entreprises en 2018-2019

La mondialisation des échanges est une réalité que vivent nos entreprises au quotidien et à des degrés divers, de la multinationale à la PME. En 2017, les exportations de biens et de services ont représenté un peu plus de 29% du PIB, et les importations environ 31%. Ainsi notre performance économique est-elle exposée pour près de 60% au commerce international, contre seulement 40% en 1990.

Formulé par un contemporain d’Alexandre Dumas à l’époque d’une économie quasiment fermée et peu diversifiée, l’adage « quand le bâtiment va, tout va », apparaît suranné au regard du contexte actuel. Certes le bâtiment dispose encore d’une force d’entraînement intrinsèque liée à l’importance de ses recours à la sous-traitance, mais les perspectives des grands secteurs industriels et commerciaux dépendent plus de l’état du monde et des grands courants qui l’animent.

Fort de ce constat, établir une vision sectorielle de la France des entreprises pour les années 2018-2019 impose de considérer différents facteurs économiques tels que :

- le cycle de croissance tranquille, voire confortable pour certains pays, que traversent les grands partenaires commerciaux de la France (États Unis, Union européenne, Chine…) sans que soient observés de signes cliniques avant-coureurs d’un déséquilibre manifeste ou d’une surchauffe ; - une facture énergétique contenue avec des prix du pétrole qui, bien que tablant sur une augmentation graduelle, resteront somme toute encore bon marché au regard des niveaux atteints durant les années 2010-2014 ; - des commodités agricoles (céréales, soja, sucre, café, …) dont les indicateurs de prix ont touché leurs plus bas niveaux depuis 1991, traduisant l’existence de stocks abondants ; - des métaux non ferreux (cuivre, aluminium…) utilisés par différentes filières industrielles (bâtiment, électronique…) dont les cours en rebond spéculatif présentent des perspectives de correction à la baisse ; - des conditions de financement encore très favorables avec des taux d’intérêt réels qui, même dans la perspective d’une possible remontée, resteront à des niveaux historiquement faibles.

Au total, se dessine un cadre général plutôt favorable dans lequel les entreprises françaises vont pouvoir exercer leurs talents et générer de la croissance pour autant que ne se dresse pas le spectre du déficit de compétitivité face à une concurrence étrangère toujours plus dynamique.

Pour la période 2018-2019, les secteurs que nous avons considérés connaîtront des fortunes diverses.

À titre d’illustration, la production de la filière française aéronautique présente depuis plusieurs années des taux de croissance que lui envient de nombreux secteurs. Cette tendance ne devrait pas se démentir en 2018 et 2019. Ce secteur d’excellence bénéficie certes d’un contexte très favorable entretenu à l’ère du virtuel et de la dématérialisation par… l’accélération des déplacements des personnes. Toutefois, ce serait oublier un peu rapidement les efforts considérables et permanents de la filière en matière de recherche & développement qui entretiennent sa compétitivité.

Moins heureuse ces dernières années, la production de la filière française automobile a été confrontée à des mouvements de délocalisation et a souffert de plans pour les produits vulnérables. En l’absence de sorties de nouveaux modèles, l’année 2018 ne constituera pas une année mémorable. Toutefois, la perspective d’une réinvention de la filière à moyen terme afin de répondre aux changements de paradigme (évolution des usages) et de techniques (motorisation, automatisation) ouvre la voie d’une possible renaissance.

Enfin, après des années difficiles amorcées avec la crise financière de 2008, la filière française du bâtiment connaît une reprise depuis 2016. Ce mouvement se poursuivra en 2018 pour amorcer un ralentissement en 2019.

Au final, peut se poser la question de savoir si l’adage célèbre ne devrait pas se comprendre à rebours : « quand tout va, alors le bâtiment lui aussi va ».

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre publication annuelle Perspectives Secteurs « ECO Tour » du 31 janvier 2018

Bernard Monsigny

bernard.monsigny@credit-agricole-sa.fr

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