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Is la France vraiment back ?

Ce qui est fascinant avec les analystes financiers, c’est qu’ils ne reculent devant aucun paradoxe. Ils ne sont jamais à une contradiction près et nous devrions les observer, voire les imiter un peu plus pour nous libérer de bien de nos démons. Il y a 6 mois, nous étions un pays archaïque, presque perdu pour la cause, notre génie avait disparu, notre potentiel créatif avait été avalé par l’Histoire. Aujourd’hui, à les écouter, et donc à les entendre, nous serions le pays le plus prometteur de la Zone Euro. L’effet Emmanuel Macron a donc opéré, il faut bien l’admettre d’autant qu’une majorité, certes hétéroclite, semble pouvoir s’installer à l’Assemblée nationale. « France is Back », titraient les médias étrangers il y a peu. Les Echos vont même plus loin cette semaine en indiquant que  « le risque France a disparu ». Comprenez que la dette française n’est plus un problème. L’écart entre les taux français et allemand à 10 ans est même au plus bas depuis le mois de novembre. Ce que l’on appelle le « spread » n’est donc plus une question. Presque un avantage. Il est tombé en dessous des 35 points mardi, ce qui représente son niveau normal, celui auquel il se situait en novembre dernier, juste avant que l'hypothèse, même fragile, d'une victoire du Front National ne fasse bondir la prime de risque française jusqu'à 84 points en février, au plus fort des craintes sur un « Frexit ». Et le quotidien d’ajouter : « « L'effet Macron » continue de jouer à plein sur le marché obligataire. C'est vrai, la victoire d’Emmanuel Macron a redonné du crédit à la France. En un temps record. Les investisseurs sont de retour, notamment les Japonais réputés très prudents, c’est dire si le miracle est hallucinant. L’effet Macron sur les marchés est réel, mais comme l’indique l’hebdomadaire Le Point en Une cette semaine : « Plus d’excuses ». L’attente est forte, la séquence semble prometteuse, la bande annonce s’annonce folle mais il ne faudra pas reculer, ni décevoir. Pour retrouver de la croissance, il va falloir que la France prouve sa culture de l’innovation, assume son refus du corporatisme, et c’est le prix Nobel d’économie américain, Edmund Phelps qui l’affirme : « le protectionnisme social est dévastateur ». L’homme porte un regard enjoué sur notre pays, mais à condition qu’il bouge et qu’il fasse ce qu’il dise. Décidément, le berceau français suscite bien des attentions, le bébé peut d’ores et déjà revendiquer bien des parrains mais, car il y a toujours un mais, il ne faudra pas tourner le dos à la chance. Le gouvernement le sait, « France is back », mais pour combien de temps si rien ne se passe ? Plus d’excuses !

Christian Moguérou

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