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  • 04.05.2017
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La bourse ou la vie ?

Eh bien sans doute un peu des deux. Nous tairons les remarques de la presse étrangère sur l’immense qualité du débat qui a opposé les deux finalistes dans l’entre-deux tours pour nous concentrer sur l’attitude opiniâtre des marchés et des investisseurs. Le quotidien Les Echos a fait d’un dicton, une quasi profession de foi « Sell in may and go away ». Un clin d’œil humoristique pour détendre l’atmosphère générale, mais pas uniquement. Ce que voulait nous dire le quotidien économique, c’est que la Bourse de Paris vit une lune de miel relativement inattendue, effaçant ainsi les effets des crises financières de 2008-2012 (subprimes, crise de la zone euro…), enregistrant son meilleur quadrimestre depuis 2000 avec un gain de 8,33%. Alors que se passe t-il ?

Les investisseurs croient dur comme fer à une véritable reprise économique européenne, la BCE accompagne ce mouvement optimiste, les entreprises sourient, même si le récent chiffre du chômage français dépite un peu. Ce que précise ce dicton : « Pourquoi il faut vendre ses actions en mai », traduit également l’humeur boursière. Généralement le mois de mai n’est pas le mois le plus tonique et surtout laisse souvent présager des crises boursières à venir, intervenant en général les veilles des étés. Comme le rapporte la presse économique, « Dans une note récente, Aurel BGC a décortiqué le parcours mensuel de différents indices, dont le CAC 40 et arrive à cette conclusion : « Sell in may », oui, mais revenez en octobre... Le brocker a en effet imaginé un fonds qui serait investi, depuis l'an 2000, à 100 % dans le CAC 40 entre janvier et fin avril et entre octobre et décembre et qui serait à 100 % liquide, en cash le reste de l'année. Autrement dit, le fonds ne serait exposé que durant sept mois et hors du marché durant cinq mois. » En effet, les plus grosses corrections ont souvent lieu entre mai et septembre, il y aurait donc une saisonnalité des marchés et un prompt relâchement corrélé à la montée des températures. Tout cela ne serait qu’une blague si cette théorie ne rejoignait pas une observation attentive du comportement des marchés. Car que redoute les analystes : que les législatives françaises entravent la marche du futur locataire de l’Elysée et n’oblique l’élan réformateur promis. Une cohabitation possible, un mois de juin incertain, décidément, nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises. Entre les lignes, on devine une certaine fatigue devant un tel marathon électoral. Les marchés ont besoin de choix tangibles, la zone euro a besoin de reprendre le cours de ses réflexions sur son avenir. La politique a envahi le débat et l’agenda. La Bourse de Paris aurait presque besoin de vacances. « Sell in may and go away”. But be back soon !

Christian Moguérou

Sources : Le Figaro Economie, Harvard Business Review, Financial Times, Le Monde, Le Point, Les Echos…