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  • 20.04.2018
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Programme de stabilité 2018 - le déficit public se réduit plus vite que prévu

  • Le gouvernement a présenté mi-avril le « programme de stabilité » 2018-2022. Ce document décrit la stratégie en matière de finances publiques au cours de cette période. Il fournit les principaux objectifs de cette stratégie, un scénario macro-économique et une trajectoire pluriannuelle des finances publiques.
  • Le déficit public se réduit plus vite que prévu. Ramené à 2,6% du PIB en 2017, il atteindrait 2,3% en 2018. Après une légère remontée en 2019, 2,4%, liée au basculement du CICE en baisse de charges, il continuerait à se contracter, un léger excédent étant prévu en 2022. Le ratio de dette publique diminuerait progressivement.
  • Les baisses de prélèvements atteignent environ 12 milliards d’euros (nets) en 2018-2019. Elles visent notamment à renforcer la compétitivité des entreprises et à redresser durablement l’investissement et l’emploi.
  • Les entreprises vont bénéficier de nouvelles baisses d’impôts, de la bascule CICE/baisse de charges et de l’allègement de la fiscalité du capital. L’impact net sur les ménages sera plus mesuré, les baisses d’impôts étant en partie compensées par des hausses de taxes et les économies en dépenses.
  • D’importantes économies en dépenses permettent à la fois de financer les mesures de soutien et de réduire les déficits. Une large part de la baisse de ceux-ci s’explique toutefois par une conjoncture favorable. Le déficit structurel ne se résorbe que lentement.

Les grands axes de la stratégie de finances publiques pour 2018-2022

La stratégie de finances publiques pour 2018-2022 est axée autour de deux grands objectifs : le soutien à la croissance et l’emploi et la réduction des déficits.

Soutenir la croissance et l’emploi

La politique économique du gouvernement vise, à travers une série de réformes, à « moderniser le modèle économique et social français et construire une croissance juste et durable ». Elle est structurée autour de plusieurs axes :

-     Une politique de l’offre et une poursuite de l’effort de redressement de la compétitivité coût et qualité des entreprises françaises, via notamment un allègement de la fiscalité et des mesures de simplification pour les entreprises (projet PACTE).

-     Un soutien à l’innovation, à la recherche et aux secteurs porteurs (transition numérique, santé, transports du futur, transition écologique et énergétique).

-     Une réforme du droit du travail et de l’assurance-chômage.

-     La lutte contre la précarité et le déclassement et l’amélioration des niveaux de qualification de la main-d’œuvre, à travers des aides à l’éducation, une réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage et diverses mesures de soutien à l’emploi.

La politique budgétaire participe à ces réformes, via une série de mesures de soutien, baisses de prélèvements et hausses de certaines dépenses. Le taux de prélèvements obligatoires serait réduit de 45,4% du PIB en 2017 à 44,3% en 2022.

Continuer à réduire les déficits publics

Le gouvernement a réaffirmé la priorité à l’ancrage européen et au renforcement de la zone euro. Cela passe par une poursuite de la réduction des déficits publics. Celle-ci est nécessaire pour diminuer l’endettement de la France et éviter le risque de spirale haussière de la dette. La dette publique française est très élevée, 97% du PIB en 2017, et la dette négociable de l’État est détenue à hauteur de 55,1% par des non-résidents.

Capture dette de l'état

Il est donc nécessaire de continuer à réduire le ratio déficit public/PIB. Celui-ci, ramené en deçà du seuil de 3%, à 2,6%, en 2017, serait réduit à 2,3% en 2018. Après une légère remontée en 2019, 2,4%, liée au basculement du CICE en baisse de charges, ce ratio serait ramené à 0,9% en 2020, 0,3% en 2021. Un excédent de 0,3% du PIB est prévu en 2022.

Pour respecter cette trajectoire et financer les mesures de soutien, d’importantes économies en dépenses sont mises en place, complétées par une hausse de la fiscalité « écologique ». Le ratio dépenses publiques/PIB (hors crédits d’impôts), 55,1% en 2017, serait réduit de 4 points en 2022 à 51,1%.

Olivier Eluère, Études Économiques Groupe

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