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  • 01.06.2017
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So ! So ?

Alors évidemment, les commentaires vont bon train. Il n’est pas si évident d’innover politiquement dans notre pays, d’autant que les affaires politiques reprennent. L’exercice budgétaire à venir sera compliqué, les chiffres de l’héritage du précédent quinquennat commencent à tomber et tout n’est pas si rose au pays de la France en marche. Et ce n’est pas le chroniqueur qui l’estime, c’est la Cour des Comptes qui le dit comme le rapporte le quotidien Les Echos cette semaine. « La politique menée ces derniers mois par l'équipe sortante a en effet « renforcé » selon la Cour « les incertitudes sur la trajectoire budgétaire à court et moyen terme ». « La gestion 2016 a fragilisé la capacité de l'Etat à tenir ses engagements budgétaires en 2017 et les années suivantes, alors même que sa soutenabilité financière continue à se détériorer », est-il écrit dans ce rapport présenté devant la Commission des finances du Sénat. »

Voilà le nouveau président de la République prévenu, il paraît d’ores et déjà difficile de faire revenir le déficit sous la barre des 3 % du PIB, comme cela était visé. En cause, le manque d’économies alors que le bénéfice de la baisse des taux a malgré tout permis à l’exécutif Hollande de réduire la facture sur la charge de la dette de 3 Mds€. Mais au final, les prévisions restent bonnes, la hausse du PIB, tirée par l’investissement a été revue à la hausse à 0,4% pour le premier trimestre et la croissance envisagée de 1,5% pour l’année semble désormais un objectif atteignable.

Les indices conjoncturels sont bons, un peu plus roses que d’ordinaire, et c’est sans doute Emmanuel Macron qui en profitera. On observe un vrai regain d’investissements, sans doute ponctuel, mais les experts restent tout sourire : Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode, relativise ce risque. « Les conditions financières restent bonnes avec les taux bas et la trésorerie des entreprises est très favorable, donc l'investissement devrait rester dynamique », juge-t-il. Voilà qui doit pouvoir donner à la France des moyens qu’elle n’avait plus. Et l’économiste Eric Heyer d’ajouter dans les Echos : « Avec un rythme de progression du PIB de l'ordre de 0,4 % à 0,5 % par trimestre au cours des six derniers mois, la croissance est robuste. Il y a à la fois des créations d'emplois à un rythme d'environ 200.000 sur les douze derniers mois et des investissements de la part des ménages et des entreprises. C'est le signe d'une reprise.

Et celle-ci s'annonce plus solide que les précédentes. Car une reprise, ce ne sont pas que des chiffres mais aussi des caractéristiques. Or la croissance actuelle est tirée par l'investissement et les créations d'emplois. Pas seulement par la consommation. Cette année, la croissance française atteindra probablement 1,5 %. C'est certes encore fragile, mais on voit qu'un cercle vertueux se met en place. » Voilà une fois encore un discours que l’on n’entendait plus. Que se passe t-il ? La France serait-elle enfin devenue confiante ? Peut-être ! So ?

Christian Moguérou

Sources : Le Figaro Economie, Harvard Business Review, Financial Times, Le Monde, Le Point, Les Echos…

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