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  • 28.06.2017
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Un été en pente raide

Pas une seule journée qui n’apporte son lot de secousses, l’économie et les marchés sont en mode sismique, les dossiers sont nombreux, les enjeux colossaux, et nos gouvernants savent qu’ils n’ont plus le droit d’esquiver les urgences. Certes, le chômage est une nouvelle fois reparti à la hausse mais, curieusement, les perspectives de croissance pour la France et la zone Euro sont plutôt optimistes et le moral des ménages français n’a jamais été aussi haut depuis dix ans, confirmant une tendance déjà esquissée en mai dernier. C’est dire si cette confiance retrouvée en son destin doit permettre à la France de se hisser au niveau supérieur.

Seulement, pour y parvenir, les investisseurs attendent des réformes profondes, sans tarder, à commencer par celle du code du travail. L’écosystème économique doit également se renforcer : de nombreux secteurs se cherchent un nouveau modèle de développement économique et auront sans doute besoin de l’aide du nouveau pouvoir en place. C’est d’ailleurs notamment le cas des banques.

Or, d’ores et déjà, Emmanuel Macron semble vouloir renoncer à la transformation du CICE en baisse de charges, une mesure pourtant présentée comme phare pendant sa campagne présidentielle. Ce n’est pas encore tout à fait officiel, précise le site de l’hebdomadaire Le Point. « L’idée était de baisser le coût du travail – en diminution de charges pérennes pour 2018. Ce devait même être LA mesure pour stimuler la croissance l’année prochaine afin qu’elle atteigne au minimum 1,8% ». Pour l’heure, c’est le statu quo.

Toujours dans le Point, l’éditorialiste Pierre-Antoine Delhommais, signait une longue analyse sur le moment que vivait la France après l’élection d’Emmanuel Macron. « Il y a une aspiration libérale en France. Qu'en fera le nouveau pouvoir ? Le président saura-t-il faire mentir les études et réussir à réformer en profondeur ? » Et d’ajouter : « Au risque de choquer les âmes macronistes, l'élection du fondateur d'En marche ! a ceci de commun avec celle de Donald Trump qu'elle a illustré la volonté des peuples américain et français de porter à la tête de l'État deux figures du monde des affaires, deux hommes ayant démontré leur aptitude à gagner très bien leur vie dans le secteur privé, l'immobilier pour l'un, la banque pour l'autre.

Par leur vote, les Américains et les Français ont clairement signifié que Donald Trump et Emmanuel Macron leur semblaient plus capables que des hommes politiques de formation de gérer leur pays. » Oui, mais maintenant, il faut apporter des preuves tangibles. L’été sera donc déterminant, vraisemblablement en pente raide, d’autant que les marchés se montrent plus hésitants et témoignent d’une certaine impatience, notamment aux Etats-Unis. Alors vite, bien, même sous la canicule.  

Christian Moguérou

Sources : Le Figaro Economie, Harvard Business Review, Financial Times, Le Monde, Le Point, Les Echos…

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