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La pause déjeuner à l’heure de l’innovation

Depuis plusieurs années, l’innovation s’invite dans notre quotidien et les nouvelles technologies modifient notre manière de consommer et de manger. Rendez-vous incontournable de nos journées, la pause déjeuner ne pouvait y échapper et pourrait même être le reflet des évolutions de notre société : longtemps dévolue à la seule restauration, elle regroupe désormais un nombre croissant d’activités dans un temps de plus en plus contraint. Dans ce cadre, tant les start-up que les grands groupes redoublent d’imagination pour proposer des solutions innovantes. Attentes variées du consommateur, exigence renouvelée de qualité, préservation du lien social, voici un panorama de solutions innovantes dédiées tant aux produits, qu’aux services.

Variété, simplicité, rapidité

Les attentes des consommateurs sont de plus en plus variées en matière de pause déjeuner : à l’origine consacrée au seul repas, elle fait l’objet d’activités (sport, rendez-vous personnels, achats, tâches administratives, etc.) de plus en plus nombreuses, entraînant une demande du salarié pour plus de flexibilité et de choix dans les manières de se restaurer. Au-delà de la concentration d’activités sur ce temps court, c’est aussi la spatialisation de la pause déjeuner qui a évolué : elle peut maintenant avoir lieu devant son poste de travail, entre collègues, en déplacement…

Sans pour autant signer la fin de la cantine d’entreprise ou de la restauration à domicile, ces évolutions des comportements ont permis d’ouvrir le marché à de nouveaux entrants, sans parler des grandes sociétés de livraison de repas telles Uber Eats ou Deliveroo. Nestor propose ainsi depuis 2015 une offre concentrée à la fois dans l’espace (quartiers d’affaires), le contenu (un menu unique) et le temps (entre 12h et 14h du lundi au vendredi). Autre approche avec Dejbox qui a choisi de se concentrer sur la livraison de repas aux salariés des zones périphériques, un pari nécessitant une logistique ultra-rigoureuse pour servir les clients dans ces zones diffuses. Signe du succès de cette start-up fondée à Lille en 2013, Dejbox emploie aujourd’hui plus de 200 salariés et affiche plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. 

Autre business model, la start-up Captain Marcel (hébergée au Village By CA Paris) a imaginé une solution permettant de passer de la distribution automatique, à la restauration automatique. Le principe : un automate permettant de manger sain, varié et équilibré à l’appui de produits choisis avec soin. Une solution pratique pour les salariés travaillant loin d’une solution de restauration classique.

Enfin, pour les plus pressés d’entre nous, Feed a peut-être trouvé la solution. Ses produits, sous formes de boissons ou barres nutritives, sont conçus pour remplacer un repas complet avec l’apport ad hoc en glucides, protéines, lipides, fibres et sels minéraux.

 

Une exigence de qualité de plus en plus prégnante

Nous avons tous le souvenir d’un sandwich spongieux avalé sur le pouce ou d’une cantine peu engageante. C’est sur ce point commun du goût que la plupart des innovateurs se rejoignent : les consommateurs veulent bien manger ! Ils sont donc de plus en plus attentifs au contenu de leur assiette : ils font davantage attention à la traçabilité du produit, privilégient le bio et la qualité nutritionnelle. La loi EGalim(1) a ainsi instauré l’obligation pour la restauration collective, dont les personnes morales de droit public ont la charge, de s’approvisionner, à partir de 2022, avec au moins 50% de produits (en valeur) issus de l’agriculture biologique, locaux ou sous un label de qualité (avec un plancher de 20% de produits biologiques, au minimum).

La qualité passe également par une approche nutritive renforcée : du côté des jeunes pousses innovantes, i-lunch, hébergée au Village By CA Paris, conjugue livraison sur le lieu de travail et repas équilibrés et sains. i-lunch calcule ainsi les apports nutritionnels de chaque plat à partir de recettes élaborées conjointement entre un chef et une nutritionniste.

Enfin, le consommateur est de plus en plus sensible à la thématique du gaspillage alimentaire, y compris en dehors de son domicile : Sodexo a lancé son programme de réduction du gaspillage alimentaire « Wastewatch », mené avec la start-up Leanpath. S’appuyant largement sur l’analyse de données, ce projet va être déployé sur 3 000 sites du groupe d’ici à un an.

 

La pause déjeuner : un lien social à préserver

Le déjeuner reste également un moment de convivialité et plusieurs sociétés se sont positionnées sur ce créneau du lien social. C’est, par exemple, une des approches de Lunchr, la start-up qui digitalise la pause déjeuner au travers de ses titres restaurants dématérialisés. Avantage comparatif par rapport aux colosses du secteur : Lunchr propose des réductions à ses utilisateurs en fonction du nombre de personnes qui consomment. Une manière comme une autre de les aider à se rencontrer !

Enfin, on peut également développer son réseau en déjeunant : c’est le cas de Colunching qui se présente comme le réseau social des rencontres professionnelles autour du repas. Cette fois, il s’agit de se retrouver autour de grandes tablées pour échanger sur une thématique prédéfinie à l’avance.

 

Innover en s’adaptant aux nouveaux modes de vie et à des attentes des consommateurs de plus en plus variées est plus que jamais nécessaire pour les acteurs de la pause déjeuner s’ils veulent continuer à fidéliser leurs clients.

 

Arnaud Rey - arnaud.rey@credit-agricole-sa.fr

 

 

(1) LOI n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous

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