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  • 18.05.2017
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Les marchés en marche

Encore récemment, nous évoquions ici même la passion presque contre-nature des marchés pour Donald Trump. Il y avait du record dans l’air, la bourse se régalait d’avance des réformes à venir du nouveau président américain, et voyait en lui l’occasion d’une possible dérèglementation financière. Seulement voilà, les cents jours du locataire de la Maison Blanche sont passés, et l’euphorie sans doute aussi. Les investisseurs redoutent que la cacophonie politique de Washington place l’Amérique dans une sorte d’impasse, d’impossibilité à réformer, de statu quo.

Autrefois, les marchés avaient besoin de stabilité politique, de conservatisme assumé, aujourd’hui, ils veulent que le monde bouge, que les réformes voient le jour, alors il n’est plus question pour les politiques de décevoir sous peine de retour de bâton douloureux. Comme le rapporte le quotidien les Echos, « les déboires de Trump font chuter les marchés. Les marchés mondiaux redoutent que le président américain soit contraint de partir avant la fin de son mandat, ce qui entraînerait une crise politique majeure. »

Alex Whiting, professeur de droit à Harvard confirme d’ailleurs dans les colonnes du quotidien économique, que « la probabilité d’une destitution s’accroît de jour en jour. ». Et l’éditorialiste Jacques Hubert-Rodier d’aller plus loin en titrant : « Trump ou la crise permanente. Avec Donald Trump, le pire semble toujours possible. Presque chaque jour une nouvelle révélation donne des frissons à la classe politique américaine ». Et donc nécessairement aux marchés.

Evidemment en France, Emmanuel Macron n’est pas Donald Trump, mais le nouveau président français, comme le président américain, était adoubé par les investisseurs. La nomination de ministres spécialistes de leurs dossiers est bien accueillie, mais la pression sera forte. Il ne sera pas question de décevoir, de manquer à ses engagements, de ne pas porter l’économie française vers un autre niveau, de faire vibrer enfin le génie français, car c’est ce que les partenaires européens nous prédisent tous : une possible nouvelle « french revolution ».

Que nous disent finalement les investisseurs et les grands acteurs économiques : « maintenant au boulot ! Et vite des résultats ! » Les turbulences politiques à Washington ont provoqué une chute des marchés. La fortune des 500 personnes les plus riches au monde a fondu de 35 milliards de dollars. Alors évidemment, lorsque les plus riches investisseurs regardent avec des yeux amoureux la nouvelle situation française, ils saluent la jeunesse du président, une forme de fraîcheur politique retrouvée, mais nous préviennent : « please, be good ! »

Christian Moguérou

Sources : Le Figaro Economie, Harvard Business Review, Financial Times, Le Monde, Le Point, Les Echos…

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