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  • 2018/11/15
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Challenges, complaints and so much debate

Quelle folle semaine encore. Le Président Macron a parlé, le Premier ministre aussi, Donald Trump tweete, l’Europe et le Royaume Uni s’accrochent à un projet d’accord sur le Brexit jugé encore fragile, beaucoup de questions et de défis parcourent les journaux, il manquerait comme un peu de carburant dans la conduite des affaires du monde.

Il suffisait de lire l’interview accordée par Christine Lagarde aux Echos pour comprendre qu’une forme d’inquiétude secoue l’ordre mondial. La directrice du Fonds monétaire international s’est dit « inquiète de l'évolution politique du monde qui peut entraîner de lourdes conséquences économiques».

Christine Lagarde, qui doit présider à la fin du mois le sommet du G20 à Buenos Aires, invite à « davantage d'ouverture » économique pour lutter contre le populisme. Mais face au populisme, la directrice du FMI souligne que, du point de vue du FMI, « la réponse passe par davantage d'ouverture, notamment sur les services (trop tarifés), ce qui permettrait des gains de productivité ». Pour elle, « l'essentiel est que la globalisation doit évoluer d'une façon différente, avec un meilleur respect des règles du jeu, ainsi que de l'environnement et un souci délibéré d'inclusion des peuples ».

Christine Lagarde se réjouissait de l’ouverture chinoise, « les autorités de cette grande puissance ont annoncé leur volonté d’aborder tous les sujets ». Concernant Donald Trump, ses propos ont sans doute pris de court l’Elysée. « Sur bien des points, Donald Trump a raison », assure par ailleurs la directrice du FMI. Selon elle, il « a des arguments solides » dans son bras de fer contre Pékin, estime-t-elle encore dans l'entretien, « sa méthode, si elle est soutenue par une stratégie gagnant-gagnant, pourra permettre de faire avancer les échanges. Cela ne sera pas facile ».

Réagissant aux propos de la ministre française aux Affaires européennes, Nathalie Loiseau, qui a dit : « On est en train de jouer 50 nuances de brun » en Europe, Christine Lagarde reconnaît que, dans le monde, « pour la première fois en 2017, le nombre de régimes démocratiques a légèrement reflué ». « Les élections récentes ont montré la poussée des populismes et une appétence pour des régimes autoritaires, de droite comme de gauche, qui est vraiment préoccupante », dit-elle.

Pour autant, elle ne « croit pas » à un scénario d'éclatement de la zone euro. « Les Italiens tiennent à la zone euro. La réalité et l'épreuve du pouvoir arrondissent les angles. Le message des marchés produira ses effets. Cela dit, il serait navrant de constater qu'une construction politique ne doive sa survie qu'au pouvoir des marchés financiers », ajoute-t-elle. Une interview qui ne pouvait pas passer inaperçue.

Et voilà que dans la foulée de cette prise de parole forte, se pose ici et là la question de la monnaie. L’hebdomadaire Le Point consacrait un article passionnant sur le sujet. « Le dollar, c'est notre monnaie, c'est votre problème », avait lancé John Connolly, le secrétaire d'État américain au Trésor de Nixon. C'est toujours un peu le cas. Et le journaliste du Point de développer son analyse : « Avec la sortie progressive de la politique monétaire exceptionnelle de la Fed, ce sont surtout les économies des pays émergents qui souffrent. Cette politique a ainsi pour effet d'attirer les capitaux aux États-Unis et fait remonter le dollar.

Or nombre d'entreprises de pays émergents ont emprunté en dollars et se retrouvent sous pression. « La Turquie, l'Argentine, l'Indonésie et l'Afrique du Sud semblent être les plus fragiles », écrit Stéphanie de Torquat, stratégiste chez Lombard Odier, une banque privée suisse spécialisée dans la gestion d'actifs financiers, tout en soulignant le renforcement de la solidité de nombreux émergents par rapport à la crise de la fin des années 90. « Ça fait beaucoup de thématiques ponctuellement baissières », résume Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC.

Lorsque ce n’est pas la monnaie qui inquiète, c’est la question du pétrole qui agite nos dirigeants et les populations. L'Arabie saoudite, qui a besoin de ses recettes pétrolières pour équilibrer un budget creusé par des dépenses sociales en forte hausse et les projets de transformation du prince héritier Mohammed Ben Salman, a annoncé qu'il allait fermer les vannes. Riyad veut réduire ses exportations de 500.000 barils par jour en décembre, soit une baisse de près de 10 %. Le ministre saoudien de l'Énergie, Khaled al-Faleh, a estimé lundi qu'il faudrait réduire la production mondiale d'un million de barils par jour (Mbj) afin de rééquilibrer le marché. On le comprend bien, et ce n’est pas Christine Lagarde qui nous démentira, face à l’épineuse question du pétrole, il nous faudra avoir des idées. 

Christian Moguérou

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