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The days after

« La France est bipolaire », c’est ainsi que la journaliste des Echos, Cécile Cornudet, résumait le résultat des élections européennes de dimanche dernier.

 

« L’effondrement de LR et la faiblesse de la gauche ce dimanche aux européennes confirment la bipolarisation de la vie politique française autour de RN et de LREM. » Le Parisien titrait en une : « le big bang continue », le dégagisme n’en a donc pas fini avec les partis politiques classiques, historiquement affaiblis, en proie au doute et en quête d’un renouveau idéologique qui tarde à trouver ses marques. Et pourtant la vie économique et financière continue. D’ailleurs la saison des dividendes bat son plein. Elle se concentre généralement d’avril à juin pour la plupart des sociétés françaises qui versent un dividende annuel. Aux Etats-Unis, les versements sont effectués sur une base trimestrielle, et quelques grands pourvoyeurs de dividendes comme Total ont déjà adopté cette fréquence de versement.

 

Et le quotidien Le Figaro d’apporter un éclairage sur les montants du cru 2019. «Le montant des dividendes versés par les membres du CAC 40, précise le quotidien, devrait être de l’ordre de 50 milliards d’euros en 2019. Peut-on parler de pluie de dividendes? Le chiffre est effectivement impressionnant en absolu, mais cette somme ne représente qu’environ 3% de la valeur des actions. Une proportion supérieure à la rentabilité de la plupart des fonds en euros de l’assurance-vie, proche du rendement de l’immobilier en région parisienne, mais pas réellement excessive. Les entreprises ne distribuent à leurs actionnaires qu’environ 40% de leurs résultats et gardent les 60% restant en réserve ».

 

Evidemment, le maintien de dividendes élevés et souvent leur augmentation année après année constituent un signal positif, traduisant une prospérité pérenne et une confiance dans l’avenir. Les sociétés payent ces dividendes une fois leurs projets d’investissement et d’acquisitions financés, leurs bilans restent sains, peu endettés ou en situation de trésorerie nette. Et le Figaro de conclure ; « les dividendes sont la rémunération du risque pris par les actionnaires, et peuvent être potentiellement utilisés par ceux-ci, soit pour consommer, soit pour investir ailleurs. Les dirigeants d’entreprises n’ont malgré tout pas oublié les leçons de la crise financière de 2008.

 

Les dividendes peuvent paraître élevés en valeur absolue - mais restent en ligne avec les moyennes de long terme (Payout global des entreprises en faible croissance sur les dernières années). Il est impératif de rester solide à ce stade du cycle économique mature afin de pouvoir faire face au prochain potentiel retournement de conjoncture.

 

Enfin pour l’investisseur les dividendes représentent une fraction importante de la rentabilité de son placement en actions. Saviez-vous que le CAC 40 (5500 points actuellement) est calculé hors dividendes ? Or le même indice dividendes inclus est de 14 315 points. Depuis sa création fin 1987, le CAC 40 a donc été multiplié par 14 et non par 5 lorsqu’on tient compte des dividendes. Les petits ruisseaux font les grandes rivières! ».

 

Lundi dernier, c’est un autre article des Echos qui retenait toute notre attention. Ce dernier expliquait sur toute une page que les fonds souverains cherchaient dans le non-coté les pépites de demain. En effet, en 2018, ils ont réalisé près de deux fois plus de transactions dans le non-coté que sur les marchés boursiers, leurs secteurs de prédilection étant la technologie et les biotechnologies. C’est le rapport de l’International Forum of Sovereign Wealth Funds (IFSWF) qui précisait ce phénomène : « sur les actions, près des deux tiers des transactions ont été réalisées dans le non-coté l’année dernière, contre 54% en 2017. Ce qui représente, en montant, 54% de leurs investissements, soit près de 13 milliards de dollars. En quatre ans, 68 milliards se sont dirigés vers le non-coté ».

 

Et le quotidien Les Echos d’avancer une explication : « A l’origine de cette préférence : la diminution de la liquidité et du nombre d’actions cotées ces dernières années. Les fusions, rachats, baisse des introductions en Bourse ont réduit les opportunités. Et l’envolée de Wall Street et des valeurs technologiques a renchéri les valorisations.

 

Résultat : à l’exception de quelques secteurs comme l’énergie et les biens de consommation, les bonnes affaires sont de moins en moins sur les marchés boursiers ». La France est peut-être devenue bipolaire. Mais les fonds souverains savent, eux, marcher sur leurs deux pieds.

 

Christian Moguérou

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