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  • 10.01.2006
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• Les entreprises européennes anticipent une meilleure rentabilité sauf en France où les entreprises affichent des perspectives en baisse sur tous les fronts.

• Les entreprises espagnoles sont les plus optimistes d'Europe.

• Les entreprises européennes envisagent une progression de leurs investissements en 2006.

• Le prix de l'énergie et la concurrence accrue des pays émergents sont au cœur des préoccupations des entreprises européennes notamment allemandes.

• L'Allemagne et le Royaume-uni continuent d'afficher les délais de paiement les plus courts d'Europe.

• En Italie, le délai moyen de paiement atteint au contraire plus de trois mois.

• La France a été en 2005 le pays le moins touché par les impayés. A l'inverse, la majorité des entreprises Allemandes a été concernée par ce phénomène.

• Dans tous le pays d'Europe sauf au Royaume-Uni, 1 PME sur 4 en moyenne aura davantage besoin de financements.

Les résultats du baromètre EUROFACTOR 2006, réalisé auprès d'entreprises de 6 à 500 salariés de sept pays européens (Allemagne, Belgique, France, Espagne, Italie, Portugal et Royaume-Uni) annoncent des perspectives en demi-teinte. Cette étude, menée en partenariat avec l'AFDCC (Association Française Des Crédit managers et Conseils), a été réalisée par l'institut CSA.

Activité, emploi, rentabilité : des perspectives d'avenir très contrastées d'un pays à l'autre

Les entreprises belges, espagnoles et britanniques sont majoritairement optimistes : plus de la moitié d'entre elles prévoit une augmentation de leur chiffre d'affaires au cours des 12 prochains mois. Cette croissance de l'activité aura des effets favorables sur l'emploi puisque c'est aussi en Belgique (31 % des entreprises), en Espagne (29 %) et au Royaume-Uni (25 %) que les perspectives de recrutement sont les plus nombreuses. Elle devrait aussi se traduire par une meilleure rentabilité pour environ une entreprise sur deux. En Espagne, seulement 30 % des entreprises prévoyaient une meilleure rentabilité lors de la dernière enquête, cette année elles sont 55 % à l'anticiper.

En Allemagne, l'heure est au contraire plutôt à la morosité, puisqu'à peine plus d'une entreprise sur quatre envisage une croissance de son chiffre d'affaires en 2006 (contre 46 % l'an passé) ; les perspectives de recrutement sont les plus faibles d'Europe (seulement 8 % des entreprises prévoient une augmentation de leurs effectifs (moins 15 points par rapport à 2005).

Au Portugal et en Italie, l'opinion dominante envisage plutôt une stagnation de l'activité. Ceci engendre de faibles potentiels de recrutement (11 % au Portugal, 17 % en Italie) et des perspectives d'amélioration de la rentabilité limitées à environ une entreprise sur trois.

Des entreprises françaises assez moroses...En France, les entreprises affichent des perspectives en baisse sur tous les fronts : chiffre d'affaires, investissements, recrutement, et rentabilité, notamment dans les secteurs du commerce, de l'industrie et du transport. Sur le plan du recrutement, le pourcentage d'entreprises prévoyant une augmentation de leur effectif salarial s'inscrit non seulement en recul par rapport à l'an passé, mais il est à un niveau faible (17 %). Ceci dit, on recense plus d'entreprises prévoyant une hausse que d'entreprises anticipant une baisse (6 %), ce qui suggère tout de même une amélioration à faible rythme de l'emploi privé.

Toujours en France, les prévisions d'augmentation du chiffre d'affaires des entreprises du secteur du transport, qui avaient connu une belle progression ces dernières années, diminuent en 2006 : 40 % des entreprises de ce secteur anticipent une augmentation de leur chiffre d'affaires alors qu'elles étaient 62 % l'an passé. Le secteur du commerce aussi augure d'un futur moins optimiste puisque seulement 35 % des entreprises prévoient une progression de leur chiffre d'affaires contre 54 % en 2005, soit un écart de 21 points.

Enfin, si les entreprises du secteur des BTP sont les seules à être plus optimistes qu'en 2005 quant à l'évolution de leur chiffre d'affaires (34 % prévoient une augmentation contre 29 % l'an dernier), ces prévisions restent encore basses puisque inférieures à la moyenne nationale (38 %).

Des prévisions d'investissement en hausse pour 2006

La conjoncture, telle qu'elle est perçue par les dirigeants des entreprises européennes ne semble pas si défavorable à l'investissement ; certes les intentions sont orientées à la baisse par rapport à 2004 en France et dans les pays d'Europe du Sud, mais le pourcentage d'entreprises prévoyant un investissement en hausse en 2006 dépasse très sensiblement le pourcentage d'entreprises prévoyant un recul.

En Allemagne, en Belgique et en Espagne, les intentions d'investissement sont les plus élevées d'Europe même si l'on observe une certaine incertitude en Espagne ; dans ce pays, 31 % des entreprises interrogées ne savent pas dire si leurs dépenses d'investissement augmenteront ou diminueront en 2006. En Allemagne, 59 % des entreprises pensent que leurs dépenses seront en hausse de plus de 5 % par rapport à celles réalisées au cours des 12 derniers mois.

En France, au Portugal et en Italie, on note en revanche une forte incertitude sur l'investissement (autour d'un tiers de non réponses) même si les anticipations positives dominent sur les anticipations de stabilité, sauf en France où seulement une entreprise sur quatre envisage davantage de dépenses d'investissement en 2006 qu'en 2005.

Enfin, tous pays confondus, ces investissements devraient profiter en priorité aux machines et outils de production et aux équipements informatiques et bureautiques (surtout pour la Belgique, l'Italie et le Royaume-uni). Toutefois, il s'agit principalement de dépenses de modernisation et de renouvellement des équipements existants plutôt que d'élargissement du parc. L'année précédente, les dépenses d'investissement étaient consacrées en priorité aux équipements informatiques, et ce dans tous les pays d'Europe.

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