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Défendons l’environnement avec les obligations vertes

Pour répondre aux problèmes mondiaux et environnementaux, notamment à la menace du réchauffement climatique, la finance a un rôle essentiel à jouer. Récemment, de nouveaux moyens ont été mis en œuvre : l’obligation liée au développement durable (sustainability-linked bonds). Utilisée pour la première fois en septembre 2019 par Enel*, le géant transalpin de l’énergie, avec une émission de 1,5 milliard de dollars.

les obligations vertes

Ce modèle s’illustre par le fait de se fixer un cap précis, en lien avec un ou plusieurs des objectifs de développement durable des Nations Unies. Faute de quoi une pénalité qui prend la forme d’un remboursement plus élevé de l’emprunt devra être versée.

De cette manière, l’obligation permet aux entreprises de montrer leurs engagements, en acceptant de s’exposer à une pénalité en cas de manquement, même partiel, à ces promesses.

 

 

Une position motivante

Sur le principe, la pénalité reste plutôt faible avec 0,5 % de la valeur nominale de l’emprunt. Pour une obligation d’une durée de cinq ans, cela reviendrait à majorer le coupon annuel de 0,1 % et en représente donc pas de réelle menace pour l’entreprise.

Cependant, l'impact sur sa réputation sera plus important si elle ne tient pas ses promesses. Au-delà de la pénalité, sa crédibilité est sérieusement compromise lorsqu'on compare les progrès réalisés avec l'ambition initialement fixée.

Une performance durable entraînera une valorisation plus élevée, et probablement que le constat d’échec peut conduire à une dévaluation de l’entreprise. On peut donc s'attendre à ce que cette dernière fasse de réels efforts pour tenir sa promesse. Par conséquent, les obligations en question peuvent jouer un rôle incitatif et contribuer à un développement plus durable de l'entreprise.

En acceptant la menace de sanctions susceptibles de nuire à son image, l'entreprise peut être raisonnablement encouragée à fournir des services à se mettre au service d’autres parties prenantes que celui de ses seuls actionnaires.

 

Fructueux aussi bien pour les émetteurs que les investisseurs

Premièrement, la réputation sociale de l'entreprise permet de recruter et de retenir les talents. Elle permet également de fidéliser les clients et de les rendre moins sensibles aux mauvaises nouvelles. C’est ce qu’a révélé, entre autres, la crise sanitaire récente.

La définition d’un objectif précis va mobiliser les équipes autour d’un projet commun entendu par tout un chacun. Or l’engagement des salariés est un vecteur puissant de productivité qui favorise également l’innovation.

Les investisseurs peuvent également bénéficier de ces nouveaux outils. Une entreprise responsable s’inscrit plus facilement dans une perspective à long terme, est plus prudente et a moins de risques d’être mise en défaut sur le plan financier. C’est une caractéristique appréciable pour le détenteur d’un titre de dette. Le taux d’intérêt plus faible que l’entreprise doit payer reflète au passage son moindre risque de défaillance.

 

En détenant des titres liés à des objectifs de développement durable clairement définis, les fonds d'investissement peuvent à leur tour démontrer leur caractère responsable. Lorsque les déposants sont de plus en plus préoccupés par l'avenir de la planète et désireux d'investir leur argent de manière responsable, ces emprunts à objectif de développement durable présentent tous les atouts pour être largement adoptés.

 

Une tendance encourageante pour l'avenir

L’entreprise dispose d’une grande liberté dans le choix de ses objectifs (matériaux, liquides, énergie, etc.) entrant dans le cycle de production, les rejets (déchets solides, effluents, gaz à effet de serre, etc.) qui en sortent ou de fonctionnement de l’entreprise (part de travailleurs handicapés, etc.). La priorité dépendra des business units de l’entreprise et des modes de communication sur lesquels elles comptent se concentrer.

Dans la sidérurgie et l'industrie du ciment, deux secteurs faisant partie des plus gros émetteurs de CO2, le principal défi s’oriente par exemple sur la réduction des émissions.

LafargeHolcim a établi l'obligation sur la base de ce critère, lui permettant de lever 850 millions d'euros en novembre l'année dernière. Au regard des performances passées des cimentiers, l'agence de notation ISS estime que le cursus est audacieux, ce qui met en évidence les efforts que les cimentiers doivent consentir. D'autres entreprises s’engageront à augmenter la part de matériaux recyclables ou issus de sources durables dans leurs produits.

Pour les obligations vertes, l'utilisation des fonds est strictement réglementée, mais aucun objectif spécifique n'est imposé à l'émetteur. Les obligations de développement durable sont un complément utile à une série d'outils de financement destinés à inciter les entreprises à agir de manière plus responsable. On peut compter sur le fait qu'ils occuperont bientôt une place importante dans le paysage financier de demain.

 

 Source :

https://theconversation.com/un-nouvel-instrument-financier-pour-inciter-les-entreprises-a-etre-plus-vertueuses-153316

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