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Violences économiques : l’autre visage des inégalités femmes-hommes

Contrôler chaque dépense de sa partenaire, l'empêcher d'accéder au compte joint, refuser de participer aux dépenses pour les enfants ou encore interdire à sa conjointe de travailler... En France, de nombreuses femmes sont exposées à des pressions financières de la part de leur conjoint, visant à les priver de leur autonomie financière. Il s’agit là de violences conjugales peu connues, appelées "violences économiques". Elles visent à priver la victime de toute possibilité d’autonomie financière tout en accentuant son isolement.

Violences économiques : l’autre visage des inégalités femmes-hommes

Un phénomène hérité du passé ?

Les violences économiques contre les femmes ont longtemps été considérées comme légitimes : en France, jusqu’en 1965, les femmes devaient demander l’autorisation de leur époux pour ouvrir un compte et exercer une profession. 
Aujourd’hui, les violences économiques constituent une grave violation des droits de l’Homme. Elles sont à la fois la cause et l’une des conséquences de l’inégalité entre les femmes et les hommes. Elles touchent toutes les catégories socio-professionnelles, des ouvriers aux cadres supérieurs.  

Si les violences administratives sont punies par la loi, rien n’est prévu contre les violences économiques. La lutte contre les inégalités entre les sexes étant devenu l’un des thèmes centraux de du quinquennat actuel, la question est depuis plusieurs mois prise très au sérieux par les députés de la Délégation aux droits des femmes à l'Assemblée nationale, qui souhaitent inscrire la notion de violence économique au droit français afin d'en faire un délit.  

Une loi contre les violences économiques

En 2019, la députée européenne Chrysoula Zacharopoulou se saisit du sujet en présidant un groupe de travail sur les violences économiques lors du "Grenelle des violences conjugales". Elle avance ensuite d’autres pistes : former les banques sur le recours à l’aménagement de dette ou les avances d’urgence ; former les entreprises pour mieux prévoir les mutations d’urgence ou les congés spéciaux pour les femmes ayant besoin de réaliser des démarches ou encore créer un fonds d’indemnisation sur le modèle espagnol.

Le 9 mars 2021, une proposition de loi visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle est déposée. Elle prévoit des mesures concrètes pour lutter contre les violences économiques et professionnelles, et notamment le fait de ne plus pouvoir verser les salaires et prestations sociales sur le compte d’un tiers (souvent le conjoint) mais sur un compte commun ou le compte de la personne concernée.

Le Crédit Agricole soutient les femmes

Le Crédit Agricole a très tôt accompagné les femmes et a contribué à faire évoluer les usages. Durant la Première Guerre il accorde ainsi des prêts à des épouses de paysans mobilisés. Plus tard, il reconnaît leur rôle primordial dans la gestion de l’épargne quotidienne des ménages et il s’appuie sur elles pour éduquer financièrement le monde rural, notamment en promouvant l’usage du chèque.

Après la loi de 1965, le Crédit Agricole continue à accompagner les femmes et adapte sa communication en promouvant l’égalité financière au sein des couples. Cette pratique historique se poursuit aujourd’hui, notamment via la Fondation Grameen Crédit Agricole dont l’une des missions est de faire émerger des femmes entrepreneures dans les pays où elle est implantée.

 

Sources :
https://www.vie-publique.fr/rapport/278367-lutte-contre-les-violences-economiques-dans-le-couple ;
https://www.lejdd.fr/Societe/on-vous-explique-les-violences-economiques-faites-aux-femmes-3935170 ;
https://www.france24.com/fr/france/20210308-droits-des-femmes-la-lutte-contre-la-violence-%C3%A9conomique-doit-%C3%AAtre-un-chantier-prioritaire ;
https://www.credit-agricole.com/chaines-d-infos/toutes-les-chaines-d-info-du-groupe-credit-agricole/nos-engagements/un-film-dedie-aux-femmes-a-l-occasion-de-la-journee-internationale-des-droits-des-femmes

 

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