• Taille du texte
  • Contraste

Economie circulaire : l’occasion, marché de l’avenir ?

Le marché de l’occasion, ou marché de la seconde main, connaît un essor fulgurant depuis la crise de 2008. Avec un chiffre d'affaires mondial estimé à plus de 50 milliards d'euros d'ici 2023, il est en pleine croissance depuis près d'une dizaine d'années. Quelles sont les raisons qui nous poussent à acheter de l’occasion ?

Un marché en plein boom, tous secteurs confondus

Si l'on associe immédiatement le marché de l'occasion au secteur automobile, il couvre en réalité un spectre bien plus large de produits. Le mobilier, les objets déco ou encore le prêt-à-porter font ainsi partie des achats les plus plébiscités par les consommateurs Français.

La preuve avec ce récent sondage sur la question, réalisé par PollFish : 79 % des Français achètent régulièrement des meubles d'occasion, de deux à plus de six fois par an.

Les chiffres sont édifiants :

- Le marché des vêtements d'occasion est estimé à un milliard d'euros en France alors que celui du neuf baisse chaque année depuis dix ans.

- Le marché des véhicules d'occasion tire son épingle du jeu puisqu’en 2019, près de 6 millions de véhicules d’occasion ont été achetés, et 2020 fait même encore mieux avec une progression de près de 30 % du marché.

 

Une démarche économique et écologique, boostée par la crise sanitaire

La motivation principale des consommateurs pour les achats d'occasion est bien entendu d'ordre financier, d'importantes économies étant à la clé.

Par exemple, les voitures d'occasion de moins de 5 ans se cèdent entre 30% et 50% de leur valeur neuve, les bonnes affaires sur le mobilier pouvant se négocier jusqu’à - 70% par rapport à leur prix neuf.

Pour 8 Français sur 10, l’occasion est donc avant tout une affaire de budget. La crise économique liée à la Covid-19 est en train d'installer durablement cette façon de consommer, les Français - pour certains dans l'expectative quant à leur avenir professionnel - préférant mettre de l’argent de côté, d’autres hésitant à utiliser les transports en commun et préférant donc acheter de l’occasion tout près de chez eux.

Près de 50% des Français affirment par ailleurs acheter d'occasion pour des raisons d'ordre environnemental, dans une logique anti-gaspillage, afin de limiter leur impact sur la planète.

 

Un marché poussé par la digitalisation et adopté par les plus grands

La digitalisation de l'économie a grandement facilité ce type d'achats. Les sites web d'annonces et de vente en ligne de mobilier sont plébiscités par 90% des Français, même si les magasins physiques détiennent plus du tiers des parts de marché.

Si hier encore, on pensait Vinted, Videdressing.fr ou Leboncoin, de nombreuses enseignes physiques ont récemment développé leur propre marché de la seconde main. Parmi les grandes marques - et pour n’en citer que quelques-unes - Petit Bateau, Camaïeu, Cyrillus, Galeries Lafayette, Oxybul ou encore Ikea… déploient leurs propres dispositifs de vente d’occasion en ligne.

Nommés « Seconde main » ou encore « Seconde histoire », ils mettent en lien vendeurs et acheteurs et permettent aux clients de mettre en vente des produits de leurs marques commerciales, soit via leurs sites web ou directement dans leurs boutiques. Le fruit de la vente peut se matérialiser en argent ou en bons d’achat.

Si le marché de l’occasion a pu être autrefois subi par le commerce, il est aujourd’hui devenu une réelle opportunité de diversification.

 

Sources : Boursorama, le Parisien, Caroom.fr, Capital, 20 minutes, novethic, bfmtv.com 

 

L’exemple d’Ikea

Le géant suédois de l’ameublement ambitionne de réduire son empreinte climatique globale de 70% en moyenne par produit d'ici 2030.

C’est la raison pour laquelle il ouvrira, cette année en Suède, son premier magasin vendant des meubles de seconde main remis à neuf. Le magasin ouvrira ses portes dans le premier centre commercial dédié à la seconde main au monde, appelé ReTuna et situé dans la ville d'Eskilstuna.

Cette initiative tend également à répondre aux critiques selon lesquelles le modèle d’Ikea, fondé sur la vente de produits à petits prix en kit, conduit à la surconsommation et au gaspillage. Ikea a récemment lancé une opération en lien avec le Black Friday, proposant de « racheter vos vieux meubles pour les recycler et les revendre », du 24 novembre au 3 décembre, dans 27 pays.

L’initiative, inspirée de l’économie circulaire, a été baptisée « Buy Back Friday ». Elle permettra aux clients de recevoir un bon d’achat pour toute vente réalisée. « Tout invendu sera recyclé ou donné à des initiatives pour aider les personnes les plus touchées par la pandémie de coronavirus » a expliqué l’enseigne.

D’ici 2021, Ikea prévoit enfin d’installer, dans chaque magasin, des espaces dédiés à la prise en charge et la revente de meubles d’occasion.

 

L’exemple de Petit Bateau

#Re, #Re, #Re, c’est #Réparer, #Réutiliser et #Recycler.

Ce mouvement, lancé en 2019 par Re-fashion, est une campagne digitale de sensibilisation sur les bons gestes à adopter pour #Réparer, #Réutiliser et #Recycler les textiles, chaussures et linge de maison usagés.   

Petit Bateau, acteur français du textile né en 1920, a rejoint l’initiative cette année. Chaque français achète près de 10 kg de textile par an et, en 2019, l'équivalent d'une benne de vêtements est jetée chaque seconde. L'urgence est donc de consommer moins mais mieux, tout en limitant le gaspillage vestimentaire.

C’est dans cette optique que la marque a lancé l'an dernier sa "recollection" : une collection de vêtements fabriqués à partir de mailles inexploitées.
En 2020, 134 références sont ainsi concernées par « l’upcycling » de matière ou vêtements, ce qui représente 3,3% de l’offre Petit Bateau.

Ainsi plus de 88 tonnes de textile provenant de chutes de production, de tissus non conformes et non utilisés de l’usine Petit Bateau, située à Troyes, sont recyclés à 100% en France.
Les matières effilochées servent de leur côté à l'isolation pour le bâtiment et les déchets 100% coton à l'industrie automobile, principalement au capitonnage de sièges de voitures.

En résumé, rien ne se perd !

 

Ces dossiers pourraient également vous intéresser :

Dans la même chaîne thématique