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  • 19.01.2005
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L'un des plus beaux chefs-d'œuvre de l'école Rimpa, le « Paravent aux chrysanthèmes » d'Ogata Kôrin qui vient d'être acquis, grâce au mécénat exceptionnel de Crédit Agricole S.A., enrichit de façon significative la collection de peintures japonaises du musée Guimet. Il s'agit de la première œuvre étrangère assimilée à un trésor national acquise dans le cadre des nouvelles dispositions fiscales en faveur du mécénat culturel (loi du 1er août 2003).

Le groupe Crédit Agricole S.A. est présent aux côtés du musée Guimet depuis 15 ans. Particulièrement implanté en Asie, notamment via sa filiale CALYON (héritière des activités internationales de Crédit Agricole Indosuez et du Crédit Lyonnais), le Groupe s'est investi dans de nombreux projets de développement en participant à leur financement, ainsi que dans des actions de valorisation de la civilisation asiatique en Europe.

Après avoir soutenu les travaux de rénovation du musée Guimet, entrepris en 1996 et achevés en 2001, il contribue chaque année à l'enrichissement de ses collections par des acquisitions majeures (plus de 15 œuvres ont ainsi été acquises pour le musée de 1990 à aujourd'hui, dont cette paire de paravents Kôrin). Soucieux de la valorisation des collections du musée auprès du public, le Groupe Crédit Agricole S.A. soutient également au moins une exposition par an et permet la conduite d'actions pédagogiques en faveur du jeune public.

La longévité du partenariat ainsi que sa nature font aujourd'hui de Crédit Agricole S.A. le premier mécène du musée Guimet.

Auparavant conservée dans une collection privée japonaise à Tokyo, cette paire de paravents entrée dans les collections du musée le 13 octobre 2004, sera désormais présentée dans la rotonde aux paravents. Elle offre un exemple magistral de l'art pictural d'Ogata Kôrin, artiste majeur de l'histoire de la peinture japonaise. Répété sur les douze volets de ces deux paravents, le motif floral utilise le chrysanthème. L'arrangement virtuose de branches de chrysanthèmes sur un fond nu qu'animent quelques traînées diffuses de poudre d'or, au fil d'une composition à vaste échelle, dénote un sens de la composition ainsi qu'un traitement de l'espace parfaitement maîtrisé. Le naturalisme de la description picturale, issu d'effets de matières propres à cette école - le lavis et l'usage du gaufrage moriage (poudre de coquillages broyés) - sa portée indéniablement décorative, n'altèrent en rien la force et l'ampleur de cette peinture, qui ouvre un véritable espace tridimensionnel. Un sentiment de sérénité émane de ces fleurs.

Par le thème traité - déclinaison d'une même espèce florale à différents stades de son épanouissement - par la monumentalité et la perfection de la composition, cette paire de paravents est à rapprocher d'une œuvre insigne de Kôrin, les Paravents aux iris, conservée au musée Nezu de Tokyo.

Ogata Kôrin est avec Sôtatsu, un peintre majeur de la célèbre école Rimpa. Le nom « Rimpa » réunit un ensemble d'artistes que l'on désignait auparavant sous les noms de « école de Kôrin », « école de Koetsu » ou « école de Sôtatsu-Kôrin », les plus grands noms de la peinture japonaise du XVIIème siècle. Rimpa signifie « l'école Rin » (Rin étant le second caractère de Kôrin) et l'actuel nom utilisé pour désigner un style de peintures, de calligraphies de céramiques et de laques qui se met en place à Kyôto au début du XVIIème siècle et qui brillera par la suite dans la nouvelle capitale Edo (Tokyo) au XVIIIème siècle et dans les premières années du XIXème siècle. L'école Rimpa est considérée comme représentant la quintessence de l'art poétique japonais ainsi qu'un retour aux sources d'inspiration de la grande tradition de l'époque Heian (794 - 1185). Par la beauté de ses coloris, souvent très vifs, l'audace décorative de ses compositions renouvelle complètement la peinture et les arts décoratifs du Japon.

Le musée Guimet possède un ensemble d'œuvres pouvant être classées dans l'école Rimpa, dont les plus remarquables sont deux peintures d'éventails d'Ogata Kôrin, une calligraphie de Kôetsu, un paravent à deux feuilles « le passage de la rivière » attribué à Kôrin, une paire de paravents « les éventails sur la rivière d'Uji » de l'école de Sôtatsu et un diptyque de Sakai Hôitsu (1761 - 1828).

Renseignements pratiques

Désignation : Paire de paravents à six feuilles « Chrysanthèmes blancs »
Encre, couleurs et gaufrages sur papier
Signature (Hokkyô Kôrin) et sceau (Iryo) du peintre sur chaque paravent
Début du XVIIIème siècle
Artiste : Ogata Kôrin (1658 - 1716)
Propriétaire : Collectionneur privé de Tokyo
Dimensions : Largeur : 3, 542 m - Hauteur : 1, 525 m
Date d'entrée dans la collection : 13 octobre 2004
Date de présentation en salle : 25 février 2005
Lieu de présentation : Rotonde aux paravents, 2ème étage du musée
Mécénat : réalisé par Crédit Agricole S.A. pour un montant de 2 440 000 €

Conservateur : Hélène Bayou, conservateur du patrimoine, section Japon
Président du musée : Jean-François Jarrige, membre de l'Institut

Prix d'entrée : 6 € tarif plein - tarif réduit et dimanche : 4 € - Gratuit pour les moins de 18 ans et pour tous les premiers dimanches de chaque mois

Accès
Métro Iéna, Boissière
RER C Pont de l'Alma
Bus 22, 30, 32, 63, 82
Site internet : www.museeguimet.fr