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Comme IBM, Coca-Cola, Heineken, Renault, Hermès et quelques milliers d’autres entreprises dans le Monde, Crédit Agricole S.A. est centenaire… depuis un an. En effet, les différents confinements ne nous ont pas permis de célébrer à la date prévue et comme il se doit cet anniversaire.

En France, on ne compte que 1500 entreprises centenaires. Beaucoup ont traversé deux guerres mondiales et toutes se sont relevées de crises économiques, de ruptures technologiques et de changements politiques majeurs. Au-delà du symbole, cette célébration est l’occasion de se pencher sur les événements qui ont ponctué l’histoire de Crédit Agricole S.A. avec une exposition et un film. Elle pose aussi la question du secret de la longévité car, s’il n’existe aucune recette permettant de traverser les âges avec succès, on trouve chez les entreprises qui durent plusieurs points communs, parmi lesquels la capacité d’anticipation.

Crédit Agricole S.A. : un siècle d’histoire(s)

C’est le 5 août 1920 que les premières pages de l’histoire de Crédit Agricole S.A. ont été écrites : l’Office national du Crédit Agricole a été créé à l’époque pour établir un organisme central de compensation entre les Caisses régionales et pour donner plus d’autonomie à ce qui n’était jusque-là qu’une direction du ministère de l’Agriculture. 

En 1926, il prend l’identité de Caisse nationale de Crédit Agricole, notamment pour éviter tout risque de confusion avec les offices agricoles départementaux et régionaux créés pour intensifier la production agricole.  C’est également l’occasion de réaffirmer les appellations entre les trois niveaux du Crédit Agricole (Caisse locale, Caisse régionale et Caisse nationale). 

Plus de soixante ans après, en 1988, la Caisse nationale se transforme : d’établissement public sous le contrôle de l’Etat, elle devient une société anonyme dont la majorité du capital est contrôlé par les Caisses régionales. C’est ce que l’on a appelé la mutualisation.

En décembre 2001, l’entité est introduite en bourse  et prend son nom actuel : Crédit Agricole S.A.

En un siècle s'est développé un groupe mutualiste puissant, qui a toujours eu à cœur l'intérêt de ses clients, en toutes circonstances, en s'adaptant aux transformations et défis de la société.

Souligner ces 100 années d'existence, c'est aussi l'occasion de rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont participé à cette grande aventure, d'hier et d'aujourd’hui.

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Longévité des entreprises : un ADN commun

L'âge moyen des centenaires en France est de 147 ans, soit 5 générations. La longévité de ces groupes est d’autant plus exceptionnelle qu’elle n’est pas la norme : d’après une étude menée en 2015 par le Boston Consulting Group, la durée de vie moyenne des entreprises a été quasiment divisée par deux entre 1950 et 2010. Selon le cabinet McKinsey, la vie moyenne d’une entreprise cotée sur le S&P 500 était de 61 ans en 1958. Elle est désormais tombée à moins de 18 ans.

Ce qui est frappant, c’est que les entreprises centenaires suivent de façon plus ou moins consciente un mode opératoire similaire.

Un article publié dans la Harvard Business Review, revue américaine sur le monde de l'entreprise éditée mensuellement depuis 1922 (soit presque cent ans) par la Harvard Business School, distingue quatre facteurs clés de longévité, que les auteurs (Alain Bloch et Isabelle Lamothe) ont appelé « les secrets de la résilience des entreprises centenaires. »

D’abord, ces entreprises sont frugales dans tous les domaines, y compris celui de la haute fiabilité : maximiser l’impact de la moindre des ressources est un véritable état d’esprit qui les habite, une forme de prudence vis-à-vis de lendemains incertains. Elles attachent toutes la plus haute importance à la fiabilité de leurs processus : rien de plus naturel si l’on songe que la résilience suppose d’abord une capacité à échapper autant que faire se peut aux chocs, et à limiter l’impact de ceux qui ne peuvent être évités.

Ensuite, ces entreprises sont « ambidextres », c’est-à-dire capables d’innover sans négliger les opérations courantes, capables à la fois de se livrer à une intense exploration d’activités nouvelles sans négliger pour autant l’exploitation de leurs compétences actuelles, alors qu’il a été montré que cela nécessite le plus souvent dans la pratique des capacités très différentes, voire antagonistes. Elles ont un sens aigu de l’adaptation.

Autre marque de fabrique : l'attachement à leurs collaborateurs. Et leur force vient du fait que cet attachement est généralement réciproque. Les entreprises centenaires développent un pacte social privilégiant la reconnaissance et le droit à l’erreur. Les firmes centenaires savent rendre visible le travail de leurs collaborateurs, en ce sens qu’elles portent une attention sincère et même une forme de déférence à l’expertise de chacun et à son développement. Beaucoup plus que le simple rassemblement de collaborateurs, ces entreprises hébergent une véritable communauté qui s’ancre dans un sentiment d’appartenance très fort et des valeurs partagées : le respect et la valorisation des hommes et des femmes. Ce pacte social différent est crédible aux yeux des collaborateurs, parce que ces entreprises centenaires ont démontré au cours de leur histoire et des épreuves traversées que les hommes n’étaient pas une simple variable d’ajustement. Cet état d’esprit rejaillit sur un deuxième point fondamental : le droit à l’erreur.

Enfin, les dirigeants de ces entreprises, dont le mandat dure plus longtemps que la moyenne, n’hésitent pas à puiser dans le passé pour dessiner l’avenir. La majorité d’entre eux développent un style de leadership « orienté résilience ». Rejoignant en cela ceux des grandes entreprises familiales, ils n’hésitent pas à faire passer la pérennité de leur entreprise avant sa performance immédiate.

Peut-être serait-il présomptueux d’affirmer que le groupe Crédit Agricole suit ce mode opératoire à la lettre et que sa pérennité est garantie. Pour autant, les « traits » communs aux entreprises centenaires évoqués ci-dessus font écho à la raison d’être que nous avons formalisée en 2019 pour l’ensemble du Groupe. Cela nous conforte dans l’idée que notre cap est le bon et que, peut-être, de futurs collaborateurs de Crédit Agricole S.A. célébreront les 200 ans de l’entreprise.

Sources

Alain Bloch et Isabelle Lamothe « L’Eternité en héritage. Enquête sur les secrets de la résilience des organisations » (Descartes  & Cie, septembre 2014)

« Le Long Terme comme horizon », de Philippe Durance et Régine Monti (Odile Jacob, 264 pages, 23,90 euros).

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