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Il y a 103 ans, le monde sortait de la Grande Guerre. En France, le bilan est lourd : 1 400 000 soldats de métropole et des colonies sont morts, de nombreuses familles sont décimées, les destructions sont multiples et l’économie, toute entière tournée vers l’effort de guerre, est à restructurer. Le Crédit Agricole a alors pu jouer un rôle important pour accompagner les changements économiques et sociétaux en cours.

Les femmes comme parties prenantes du Crédit Agricole

Tout d’abord, durant la guerre, du fait de la mobilisation et des morts aux combats, de nombreuses exploitations agricoles se retrouvent sans homme valide. Il a donc fallu que les femmes, en plus de leurs tâches habituelles, s’organisent pour assurer le bon fonctionnement des fermes. Rappelons qu’à l’époque celles-ci étaient considérées comme mineures d’un point de vue financier et qu’elles n’avaient donc pas accès aux comptes bancaires du ménage sans procuration du chef de famille. Certaines caisses régionales, dont celle de l’Est à Nancy, ont néanmoins accordé des prêts à des épouses d’agriculteurs mobilisés pour leur permettre de continuer à faire tourner l’exploitation.

Le Crédit Agricole & les femmes
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Au sein même du Crédit Agricole, c’est à cette époque qu’on voit quelques femmes s’impliquer dans le fonctionnement de l’institution. C’est le cas de madame Trouvé, épouse du directeur de la Caisse régionale de Seine-et-Oise parti à la guerre : c’est elle qui prend la relève et qui s’assure que les emprunteurs remboursent bien leurs crédits. Dans le Var, on trouve également une madame Fert comme remplaçante de son mari mobilisé, président de la Caisse locale de Montfort.
C’est changements, dus aux circonstances, amorcent alors une évolution. C’est ainsi que, après-guerre, quelques femmes comme Louise Tallerie et Madeleine Landy-Degon occuperont des postes à responsabilité1.

Accompagner le retour à la terre des mutilés de guerre

Le retour à la vie civile d’agriculteurs blessés voire mutilés est un défi pour le pays qui est encore majoritairement rural. De plus, dans les territoires de la ligne de front, les exploitations sont soit détruites, soit fortement dégradées. Enfin, la période de guerre n’a pas permis les investissements nécessaires au maintien d’un bon niveau de production.

Brochure «Les mutilés aux champs»

Cette brochure présente aux blessés de guerre les travaux qui leur sont accessibles sur une exploitation. L'aide que peut apporter le Crédit Agricole est également présentée.

Pour pallier ces problèmes et encourager la reconstitution de petites exploitations, le Crédit Agricole met en place des prêts spéciaux à destination des mutilés de guerre : 8 000 francs à 2 % sur quinze ans pour l’acquisition, l’aménagement ou la reconstitution d’une petite propriété rurale. A cette occasion, le Crédit Agricole s’est associé au Service de la main d’œuvre agricole du ministère de l’Agriculture pour produire la brochure Les Mutilés aux champs qui présente les moyens pour les mutilés de guerre d’exercer à nouveau une activité.

Toutes ces interventions sont alors limitées au monde agricole mais, dès 1920, le Crédit Agricole peut aussi accorder des prêts aux petits artisans ruraux et, à partir de 1923, il financera les travaux d’électrification des campagnes. Peu à peu, l’institution exercera son activité sur l’ensemble des territoires ruraux jusqu’à acquérir le statut de banque universelle au début des années 1990. C’est sur ces bases d’utilité aux territoires et à la société que le Crédit Agricole s’est construit. 

Source

 1 Voir le site « Des femmes qui comptent » : https://www.desfemmesquicomptent.com/trois-pionnieres-du-secteur-bancaire/

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