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Histoire du groupe Crédit Agricole

Les Archives historiques du groupe

Crédit Agricole SA met à disposition des chercheurs universitaires son fonds d’archives historiques d’une exceptionnelle richesse qui provient des composantes historiques très variées du Groupe : Caisse nationale de crédit agricole, Banque de l’Indochine, Banque de Suez et de l’Union des mines, Crédit lyonnais, …

Le service des Archives historiques de Crédit Agricole SA vous accueille, uniquement sur rendez-vous, au 72-74 rue Gabriel Péri à Montrouge (métro ligne 4, station Mairie de Montrouge). La salle de lecture est ouverte le mardi, le mercredi et le jeudi de 10 H 00 à 12 H 30 puis de 13 H 30 à 17 H 30.

Formulaire de contact

 

La saga publicitaire du Crédit Agricole

En 2012, à l’occasion du premier anniversaire de sa signature « Le bon sens a de l’avenir », en collaboration avec Culture Pub, la direction Communication Clientèle et Sponsoring et le service des Archives historiques, le Crédit Agricole revient sur 50 ans de campagnes publicitaires. Le film présente donc les évolutions de la communication mais aussi les mutations de la société française, de l’urbanisation du pays à la bancarisation des ménages.

 

 

  • La question du crédit à l’agriculture à la fin du 19è siècle

    A la fin du 19è siècle, l’agriculture peine à trouver des crédits adaptés. La loi de 1884 sur la liberté d’association professionnelle autorise la formation de syndicats agricoles et donne des conditions favorables pour la création de structures adaptées : en 1885, sur une initiative locale de Louis Milcent, naît la Société de crédit agricole de l’arrondissement de Poligny (Jura), première du genre.

     

     

    Siège de la Société de Crédit Agricole de l’arrondissement de Poligny à Salins (Jura) créée en 1885.

    Ce bâtiment héberge désormais la Fondation Maison de Salins consacrée à la promotion du mutualisme.

    Caricature extraite de l’hebdomadaire « Lecture pour tous » (1899).

    Un paysan endetté passe dans une broyeuse actionnée par un usurier, entraînant avec lui son bétail et sa maison.

    Le Crédit Agricole est une alternative aux modes de financement « classiques » de l’agriculture de la fin du 19ème siècle.

     

     

     

  • La naissance du Crédit Agricole, 1894

    La Troisième République, pour s’attacher le vote paysan en soutenant la petite exploitation familiale, permet, grâce à la loi du 5 novembre 1894, la constitution de Caisses locales de crédit agricole entre les membres de syndicats agricoles qui engagent leur responsabilité selon le principe du mutualisme. Ces caisses locales sont la base de la « pyramide » institutionnelle édifiée par le Crédit Agricole.

     

     

    Portrait de Jules Méline paru dans « Le Journal illustré » du 15 avril 1888.

    Député puis sénateur des Vosges pendant près de 50 ans, de nombreuses fois ministres, il est à l’origine de la loi de 1894
    sur la création de sociétés de crédit agricole et de celle de 1899 sur la création des caisses régionales.

     

     

  • Le soutien de l’Etat et la création des caisses régionales de Crédit Agricole

    La loi de 1894 n’était assortie d’aucun avantage financier pour les caisses locales et celles-ci manquent rapidement de capitaux. L’Etat, en 1897, impose à la Banque de France d’apporter des ressources au Crédit Agricole sous la forme d’une dotation de 40 millions de francs or et d’une redevance annuelle de 2 millions. Ces avances sont réparties par une commission du ministère de l’Agriculture et la loi 31 mars 1899 autorise la création de caisses régionales de Crédit Agricole Mutuel. Il s’agit du deuxième niveau de la « pyramide » institutionnelle du Crédit Agricole.

     

     

     La loi de 1899 sur les caisses régionales de Crédit Agricole.
    Celles-ci fédèrent les caisses locales de leur ressort et encouragent la création de nouvelles caisses locales.

     

    Procès-verbal de l’assemblée générale constitutive
    de la Caisse régionale de Crédit Agricole de la Dordogne, 1904.

  • L’essor des caisses locales et régionales, 1900-1919

    Durant cette période les caisses locales et régionales se multiplient grâce à une propagande active : avant-guerre, chaque département dispose d’au moins une caisse régionale. L’activité des prêts à court terme reste prépondérante malgré la possibilité de pratiquer des prêts à long terme. La collecte progresse mais l’Etat assure toujours les trois quarts des ressources.

    La Première Guerre mondiale, en bouleversant le fonctionnement de l’institution, montre la nécessiter de créer une banque centrale régulatrice. Le Crédit Agricole est néanmoins sollicité pour financer la mise en valeur des terres abandonnées et pour le rétablissement des exploitations situées à proximité de la ligne de front.

     

    Les hommes partis au front sont remplacés par les femmes pour les travaux des champs.

    Le Crédit Agricole est fortement désorganisé du fait de la mobilisation. Néanmoins, plusieurs lois de 1917 et 1918 lui permettent de financer la remise en culture des terres abandonnées. De même, les mutilés et victimes civiles de la guerre bénéficient désormais de prêts avantageux pour l’acquisition, l’aménagement ou la reconstitution de petites propriétés rurales.

    Brochure « Les Mutilés aux champs » publiée en 1918 par le Service de la main-d’œuvre agricole du ministère de l’Agriculture.

    Elle présente les machines agricoles adaptées aux invalides de la Grande Guerre et les possibilités de financement par le Crédit Agricole.

     

     

     

     

  • La loi du 5 août 1920 et la création de l’Office national du Crédit Agricole

    Couverture de la loi du 5 août 1920.

    Afin de donner plus d’autonomie à ce qui n’est alors qu’une direction du ministère de l’Agriculture et pour créer un organisme central de compensation entre les caisses régionale, la loi du 5 août 1920 institue l’Office national du Crédit Agricole qui prend en 1926 le nom de Caisse nationale de Crédit Agricole. Cet établissement public est le sommet de la « pyramide » du Crédit Agricole.

    Louis Tardy (1875-1961) est le premier directeur général du nouvel Office national du Crédit agricole (1921-1937). C’est un des pères fondateurs de l’institution : il fut le premier directeur de la Caisse régionale d’Ile-de-France (1901-1904), inspecteur des caisses régionales pour le compte du ministère de l’Agriculture (1904-1918), chef du service du crédit, de la coopération et de la mutualité agricoles dans le même ministère (1918-1921). Après-guerre, entre autres mandats, il fut président de la Fédération nationale du Crédit agricole (1945-1961), administrateur de la CNCA (1945-1961) et président de la Caisse régionale des Deux-Sèvres (1946-1961). 

    Louis Tardy (1875-1961)

     

     

     

  • 1920-1945

    Durant les années 20, le Crédit Agricole complète sa couverture territoriale et connaît les premières extensions de son champ de compétence : crédit aux petits artisans ruraux, financement de l’électrification des campagnes en 1923, premiers mécanismes de prêts bonifiés à l’agriculture en 1928…

    La crise des années 30 n’épargne pas les caisses locales et régionales et les plus exposées sont soutenues par la Caisse nationale. Celle-ci renforce ses missions de contrôle et un fonds commun de garantie des dépôts est créé en 1935.

     

     

    Affiche de promotion des services du Crédit Agricole, années 1930.

     

    Le régime de Vichy alourdit le contrôle de l’Etat sur le Crédit Agricole mais ce n’est qu’une parenthèse institutionnelle. En revanche, la période voit une importante transformation financière de l’institution : le Crédit Agricole crée le bon à 5 ans qui permet de remonter l’épargne des campagnes vers le Trésor. 

     

     

    Bon à 5 ans d’une valeur nominale de 1000 francs daté de 1942.

    Louise Tallerie (1890-1989). Elle fut la première directrice de caisse régionale, dans les Ardennes, de 1927 à 1956. Durant la Seconde Guerre mondiale elle réussit à sauver les archives de la Caisse régionale en les déménageant en urgence durant l’exode. Son exemple de réussite et de courage a inspiré le Grand Prix Etudiantes Crédit Agricole Louis Tallerie. Ile est dédié aux étudiantes pour favoriser l’émergence de dirigeantes ainsi que les carrières des femmes dans tous les domaines.

  • 1945-1966 : le succès de la collecte

    Le Crédit Agricole ouvre de nombreux bureaux pour couvrir peu à peu l’ensemble du territoire. Ce maillage serré permet d’intensifier la collecte par le placement des bons à 5 ans et des obligations à long terme. Grâce à cette mobilisation de l’épargne populaire, le Crédit Agricole est en mesure de financer l’effort de reconstruction de l’après-guerre et la mécanisation de l’agriculture. Il est également capable de se passer des subventions de l’Etat et de s’autofinancer à partir de 1963.

     

     

    Affiche de l’emprunt de la CNCA à 6 % de 1954.

     

    Dépliant publicitaire. Depuis 1959, le Crédit Agricole peut financer le logement principal en milieu rural.

     

    En 1945 est créée la Fédération nationale du Crédit Agricole, association de représentation des caisses régionales auprès des pouvoirs publics et de la CNCA. « Refondée » en 1947, elle joue un grand rôle dans la formation du personnel et l’extension des compétences du Crédit Agricole.

     

     

    Buvard publicitaire de la Fédération nationale du crédit agricole.

     

  • Vers la banque universelle, 1966-1988

    C’est en 1966 que la Caisse nationale de crédit agricole obtient son autonomie financière, sa collecte ne passant plus par le Trésor. Durant les années 1970, le Crédit Agricole élargit encore son champ de compétence, tant géographiquement (élargissement des zones rurales) que financièrement (prêts aux PME-PMI). C’est également à cette époque que sont créées des filiales spécialisées de la Caisse nationale : Union d’études et d’investissements pour les prises de participations, Segespar pour la gestion d’actifs et Unicrédit pour les crédits aux entreprises agro-alimentaires.

    Banque du logement et des ménages, sa proximité avec les clients est affirmée dans sa nouvelle signature publicitaire, « Le bon sens près de chez vous », lancée en 1976.

     

     

    Affiche de 1976. Créée en 1976, la signature publicitaire « Le bon sens » et ses déclinaisons accompagna longtemps le Crédit Agricole.

     

    Classé au premier rang mondial des banques par la revue « The Banker » en 1979, le Crédit Agricole voit ainsi sa puissance financière reconnue. Celle-ci est désormais portée à l’international par ses premières implantations. Jusque-là uniquement soumis au Code rural, la loi bancaire de 1984 qui s’applique pour la première fois au Crédit Agricole lui permet d’être désormais pleinement intégré au paysage bancaire.

    Publicité parue dans le « Chicago Tribune » au moment de l’ouverture de la succursale de Chicago en 1979.

     

    Le Crédit Agricole diversifie également ses activités vers le secteur de l’assurance : Predica, pour l’assurance vie, est créée en 1986 tandis que Pacifica, pour l’assurance dommage, est créée en 1990.

     

    Affiches de Predica (1988) et Pacifica (1990).

     

     

  • De profondes mutations institutionnelles, des années 1990 aux années 2010

    La loi de mutualisation de 1988 permet aux caisses régionales de crédit agricole de racheter la Caisse nationale. Transformée en société anonyme, celle-ci est désormais totalement indépendante de l’Etat. Elle est introduite en bourse en 2001 et prend le nom de Crédit Agricole SA.

     

    Ces transformations ont permis au Crédit Agricole de se développer par l’acquisition de sociétés qui lui permettent de se diversifier dans la banque de financement et d’investissement (Banque Indosuez en 1996) et le crédit à la consommation (Sofinco en 1999, Finaref en 2003).

    A la suite du rapprochement en 2003 avec le Crédit lyonnais, des regroupements de métiers sont réalisés donnant ainsi naissance à Crédit Agricole Corporate and Investment Bank (CA CIB) en 2006. Le Crédit lyonnais, recentré sur la banque de détail, développe la marque LCL à partir de 2005.

    En 2010 est créée Amundi, filiale de gestion d’actifs. Cotée en bourse en 2015, elle a été classée en 2013 premier acteur européen et neuvième mondial.

    Ce développement du Crédit Agricole s’accompagne d’engagements responsables tels que la signature d’une charte de la diversité et la création en 2008 de la Grameen Crédit Agricole Microfinance Foundation.